Le Diable et Sherlock Holmes – David Grann

« Le Diable et Sherlock Holmes » est un recueil d’articles de David Grann publiés dans des magazines, notamment au New Yorker. Le titre et la couverture m’ayant passablement alléchée, je me suis donc plongée dans ces douze textes. Le titre peut être trompeur par rapport au contenu, le sous-titre correspond à mes yeux mieux aux thématiques traitées par David Grann: « et autres contes de meurtre, de folie et d’obsession ».

J’ai adoré le premier texte, consacré au suicide suspect d’un spécialiste de Sir Conan Doyle. L’histoire est intrigante, passionnante, et ressemble vraiment à une enquête de Sherlock Holmes. Les textes suivants abordent des thématiques plus diverses, certaines très sombres et liées à des crimes, d’autres qui correspondent plutôt à de grands reportages.
On y croise un homme accusé d’avoir provoqué la mort de ses enfants en mettant le feu à leur chambre, le fameux caméléon nantais Frédéric Bourdin qui se faisait passer pour des adolescents disparus, un pompier qui a réchappé au 11/09 et qui, amnésique, se demande s’il a quand même réussi à sauver des gens, un chasseur de calmars géants, les ouvriers qui s’occupent de la gestion de l’eau dans les sous-terrains new-yorkais, un braqueur invétéré, un joueur de base-ball qui refuse de mettre fin à sa carrière, des membres de l’Aryan Brotherhood, une ville gangrenée par la mafia, un écrivain suspecté de meurtre, et un tortionnaire haïtien reconverti en agent immobilier …
Le recueil est donc très hétérogène, en termes de thèmes et de tension narrative … et les articles étant très longs (une quarantaine de pages en moyenne), soit on est ravi de passer autant de temps dans une thématique intéressante, soit on trouve à l’inverse la lecture fastidieuse.
Les goûts et les couleurs … j’ai adoré certains textes et d’autres m’ont moyennement intéressée – mais peut-être que ces derniers seront vos préférés. Outre le premier texte, j’ai adoré cette enquête en Pologne où le suspect est un écrivain aux romans très particuliers. Le reportage sur la gestion souterraine de l’eau à New York était passionnant, tout comme la plongée dans l’Aryan Brotherhood. A l’inverse, je ne me suis passionnée ni pour le chasseur de calmar ni pour le joueur de base-ball.
Cela me fait penser que je n’ai toujours pas lu « Les naufragés du Wager » !

Disponible chez Points, traduit par Johan-Frédérik Hel Guedj, 544 pages.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *