La Saga des Haller couvre, à date, trois romans : « Le rêve de Frieda », « La révolte d’Ida », et Le choix de Herta ». J’aime beaucoup les séries d’Anne Jacobs, qui sont des livres qui se déroulent en Allemagne, avec un contexte historique marqué. Ce sont un peu mes romans doudous, meilleurs remèdes lorsque j’ai une panne de lecture.
La trilogie se déroule dans le village (fictif) de Dingelbach, proche de Francfort. Les trois jeunes filles des titres sont sœurs, ce sont les filles de Martha Haller, l’épicière de la bourgade qui est veuve, son mari ayant été tué durant la Première Guerre mondiale. Les histoires prennent place entre 1920 et 1927, période où l’on suit la trajectoire des trois sœurs, dont deux ont des aspirations qui les mènent à Francfort – Frieda veut devenir comédienne et réussit le concours d’une école d’art dramatique, Ida, brillante élève, est admise au lycée. Mais au-delà de la saga familiale, on suit également la vie d’autres habitants du village : celle d’Helga, la femme du maire, amoureuse d’un autre, qui est frappée par son mari et méprisée par sa belle-mère ; celle d’Ilse Küpper, qui devient directrice de la fabrique locale de parapluies, héritée de son père; celle aussi de l’instituteur, Johannes Hohnermann, gueule cassée et amoureux de Frieda…
J’ai adoré cette trilogie ! Je l’ai trouvée extrêmement addictive, portée par des personnes incarnés et attachants. Il y a plusieurs personnages féminins très forts, entre Helga qui veut s’émanciper du joug marital, Marthe qui élève ses filles seule, Frieda et Ida qui sont des transfuges de classe, Ilse qui s’impose comme femme d’affaires…La période est intéressante puisque c’est l’entre-deux-guerres, et l’on voit d’ailleurs le Nazisme pointer le bout de son nez, alors que plusieurs personnages qui gravitent autour des sœurs sont juifs ou communistes. Le personnage de Johannes, l’instituteur, est particulièrement réussi.
Je serais étonnée que cette série ne soit qu’une trilogie, et je serais déçue, aussi, car la fin du troisième tome laisse entrevoir de nombreuses perspectives, notamment avec la menace nazie qui se concrétise, et j’adorerais connaître le destin de tous ces personnages auxquels je me suis attachée au fil des quasiment deux mille pages déjà lues. J’aimerais d’ailleurs que le personnage d’Herta, un peu plus effacée, moins incarnée que ses sœurs, prenne plus d’ampleur dans les tomes suivants. C’est une histoire que j’imaginerais parfaitement en série télé, j’espère que certaines œuvres d’Anne Jacobs seront adaptées prochainement.
Trilogie publiée chez Charleston en broché et en poche pour les deux premiers tomes à date, traduit par Corinna Geppner.



