La mémoire retrouvée – Edmund de Waal

Edmund de Waal hérite de son grand-oncle Iggie de 264 netsukes, des petites figurines japonaises.
En utilisant cette collection comme fil conducteur, il retrace dans « La Mémoire Retrouvée »  l’histoire de sa famille, les Ephrussi.

Si l’origine de la fortune des Ephrussi se trouve à Odessa, dans l’exportation de céréales, c’est à Paris et Vienne que cette famille juive va s’illustrer dans le domaine bancaire.

Avec Charles, mondain, polyglotte, historien d’art, collectionneur, on se retrouve plongés dans le Paris des années 1870-1880, autour de l’hôtel particulier Ephrussi de la rue de Monceau . C’est lui qui va acquérir les fameux netsukes mais aussi de nombreuses peintures impressionnistes et sa collection de tableaux est incroyable. La rumeur dit qu’il aurait inspiré le personnage de Swann à Proust. Les Ephrussi sont liés aux Cahen d’Anvers, aux Camondo, aux Rothschild, aux Reinach …

Lorsque son neveu Viktor (l’arrière-grand-père de l’auteur) se marie, Charles lui offre la collection de netsukes, qui trouve sa place dans le palais Ephrussi de Vienne. De nouveau, nous sommes plongés dans une ville trépidante et rayonnante, celle de Stefan Zweig, de Joseph Roth, de Rilke, où la famille tient une place de choix. Le nazisme va littéralement effacer de Vienne cette famille: certains vont être assassinés, d’autres vont s’exiler, tous seront spoliés de leurs maisons, livres, œuvres d’art … Et parler des netsukes qui résideront ensuite au Japon puis en Angleterre, c’est aussi rendre hommage à celle qui sauva cette collection.

Le livre mériterait un chapitre pour présenter les différents personnages car il y en a vraiment beaucoup, avec en plus des homonymes, mais je l’ai trouvé passionnant…

Ce qui est effarant dans cette histoire, c’est de constater à quel point cette famille éminente, ce nom illustre, vont disparaître en quelques années de Paris et de Vienne. Comme la famille de Camondo qui était son alliée… Restent des références littéraires, des bâtiments frappés du double E, la villa Ephrussi et les efforts de certains descendants pour que l’on se rappelle de ce nom qui fut si important en Europe …

Publié en 2011 chez Albin Michel, traduit par Marina Boraso, en poche chez Libres Champs sous le titre  » Le lièvre aux yeux d’ambre », 480 pages.

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