Après avoir dévoré toute la série de la Villa aux Etoffes, j’ai rempilé durant les fêtes avec « Le Manoir Oublié », autre série de romans écrite par Anne Jacobs.
En 1939, Franziska von Dranitz est une jeune fille qui vit avec sa petite sœur, ses parents et grands-parents dans le manoir familial, en Allemagne. La guerre vient de commencer mais elle ne devrait pas être longue et ses deux frères seront vite rentrés. L’heure est donc plutôt à la joie, entre le mariage de son frère aîné et la rencontre avec l’un de ses amis, le beau Walter Iversen …
En 1990, alors que la frontière vient de s’ouvrir entre l’Allemagne de l’Ouest et l’Allemagne de l’Est, Franziska parcoure plusieurs centaines de kilomètres en voiture pour retrouver le manoir dont sa famille a été expropriée par les Russes en 1946 et qu’elle n’a pas revu depuis, s’étant réfugiée à l’Ouest où elle a fait sa vie. La septuagénaire se met en tête de récupérer la demeure, devenue un bâtiment multifonctions pour la municipalité …
J’ai rapidement accroché à ce roman, qui est une saga historique et familiale se partageant entre deux moments cruciaux : la fin de la Seconde Guerre mondiale avec l’arrivée des Russes, puis la chute du mur. Franziska veut redonner au manoir son éclat originel et s’installe pour cela dans la bourgade de Dranitz, située en ex Allemagne de l’Est, et qui vit donc de plein fouet les impacts positifs comme négatifs de la réunification. Car en sus de Franziska, on suit toute une série de personnages, que ce soit la famille élargie de la vieille dame (qui a été rejointe par sa petite-fille), ou les habitants du village.
J’ai enchaîné avec les deux autres tomes et à dire vrai, si l’histoire familiale de Franziska est tout aussi passionnante que tragique, et que j’ai aimé suivre ces personnages dans une Allemagne en pleine transformation, j’ai trouvé que l’intrigue était étirée pour en faire une trilogie là où un gros roman aurait suffi. Entre les multiples aventures amoureuses de tout ce petit monde, une intrigue qui avance peu, des rebondissements un peu tirés par les cheveux et (dans le tome 3) une incursion dans le Moyen-Age qui n’apporte rien à l’histoire, il y a quand même un certain nombre de bémols, atténués par le fait de lire la trilogie d’une traite. Je pense que j’aurais été déçue s’il y avait eu de l’attente (et donc plus d’attentes) entre chaque tome.
La série n’est pas au niveau de la Villa des Etoffes, mais j’ai beaucoup aimé le contexte historique. A voir ce que réserve le Café Engel.
Trilogie publiée chez Charleston et en poche chez 10/18, traduit par Corinna Gepner.



