« Le Livre des Heures » d’Anne Delaflotte-Mehdevi nous entraîne au XVe siècle auprès de Marguerite, petite fille qui vit avec ses parents et son frère épileptique dans une maison située sur le pont Notre-Dame. Dès son plus jeune âge, elle est fascinée par l’atelier d’enluminure que tiennent son père et son grand-père, et veut elle aussi réaliser peintures et travaux d’écriture, au grand dam de sa mère qui souhaite en faire une bonne épouse.
Marguerite prend ses marques dans le quartier, entre l’atelier familial, la boutique d’apothicaire de son parrain qui lui vend les pigments nécessaires, et les librairies. Alors que son frère gravement malade ne peut pas tenir son rôle d’héritier, elle entend bien mener une vie en accord avec ses aspirations en s’accommodant comme elle le peut des conventions de l’époque, tout en réalisant l’œuvre de sa vie, un livre des heures…
Encore une fois, la quatrième de couverture donne une vision faussée – à mes yeux – du roman. La vie amoureuse de Marguerite n’est qu’une facette de l’histoire, même si elle est importante. Le fil conducteur est quand même cette volonté de la jeune femme d’arriver à ses fins, avec du caractère, mais aussi avec l’intelligence de ne pas se retrouver mise au ban de la société, puisqu’une artisane doit en faire pleinement partie.
Ce court roman est très fluide et agréable à lire, c’est un beau portrait de femme qui n’entend renoncer à rien, ni à ses rêves, ni à sa place dans la société. C’est aussi la description d’un milieu où le dessin, la couleur, l’écriture sont au centre de tout.
Un livre qui se déroule au Moyen-Âge mais qui a finalement une portée intemporelle.
Disponible en poche chez Folio, 224 pages.



