« Autoportrait » est un court texte de Davide Enia qui a été créé pour le théâtre.
Bien sûr, comme le titre l’indique, c’est un texte autobiographique, mais le livre aurait pu aussi s’appeler Palerme. Car c’est la ville dont est originaire l’auteur, né en 1974. Et grandir à Palerme est une expérience très particulière – mais pour le savoir, encore faut-il avoir des points de comparaison.
Car c’est Cosa Nostra qui façonne la ville, les mentalités, les réactions … l’autoportrait d’un habitant, c’est aussi celui de la ville, et de la mafia.
Vivre à Palerme, c’est tomber sur un cadavre dans une mare de sang en rentrant de l’école quand on a huit ans. C’est voir un camarade de classe partir précipitamment de l’école car son oncle vient d’être assassiné. C’est vivre dans le noir car l’obscurité est propice aux trafics. C’est prendre son professeur de religion pour un doux rêveur jusqu’au moment où il est abattu. C’est apprendre qu’un enfant de repenti a été détenu trois ans avant d’être assassiné et dissous dans l’acide. C’est s’attendre à ce que le juge Borsellino meurt dans un attentat puisque le juge Falcone vient d’être victime d’une bombe.
Davide Enia raconte comment la mafia façonne le quotidien jusqu’au moment où tout se fissure : des voyages à l’étranger où l’on se rend compte que la vie dans les autres villes est bien différente, des crimes tellement spectaculaires et odieux que la population se rebelle …
Un texte court mais terrible et très fort.
Publié en Avril 2026 chez Albin Michel, traduit par Anatole Pons-Reumaux, 112 pages.



