Romain Slocombe a écrit nombre de romans se déroulant durant la Seconde Guerre Mondiale (la série autour de l’inspecteur Sadorski, « Qui se souvient de Paula? » auquel ce nouveau livre fait un clin d’oeil discret). « Un été de trahison » ne fait pas exception à la règle puisqu’il se déroule durant une semaine de Juillet 1940…
L’auteur met en scène quatre femmes, durant cet été où tout est bouleversé : la France, traumatisée par l’exode, est occupée, es alliances sont chahutées, es tendances politiques dictent les postures…
Gabrielle Charnay est une célèbre aviatrice aux tendances fascistes, clouée au lit suite à une lourde opération ; Jacqueline est une lycéenne révoltée par l’Occupation et qui est fascinée par de Gaulle ; Gisèle est une infirmière communiste engagée dans la Résistance ; Marie-Louise, la tante de Jacqueline, vient de perdre son mari, tué lors de l’Exode, et est bien décidée à profiter de son veuvage.
Durant cette semaine, ces quatre femmes, à Paris, en Normandie, à Vichy, vont être confrontées à des choix cruciaux, qui vont impacter leur vie.
J’ai trouvé que ce livre était agréable à lire, avec un style supérieur à celui dont j’ai l’habitude avec Slocombe même si j’ai levé les yeux au ciel en constatant qu’il ne peut pas s’empêcher d’évoquer des faits glauques…qu’il n’exploite même pas dans le récit !
L’auteur a construit quatre personnages féminins très intéressants, il prend le temps de les développer, de les incarner, et on s’y attache, à ces femmes très différentes les unes des autres, en termes de personnalité et de convictions politiques, même si la veuve est sans doute la moins sympathique à mes yeux.
Mon problème majeur avec ce roman est qu’il m’a laissée sur ma faim...à peine je me suis habituée à fréquenter ces quatre femmes, à les suivre dans leurs pérégrinations, dans leurs doutes, dans leurs décisions… que le livre est fini !
Les 480 pages ne suffisent pas à développer l’histoire de manière adéquate. Soit il fallait écrire le double de pages… soit il fallait faire de ce roman le premier tome d’une grande fresque – et il en avait clairement le potentiel. Or, il n’y a pas de suite à attendre, puisque l’auteur nous livre en conclusion, et de manière précipitée, le destin de chacune des héroïnes…
Je n’ai pas compris ce choix, j’ai vraiment eu l’impression que Romain Slocombe avait eu l’envie de se lancer dans une nouvelle série, et que ses ambitions avaient été stoppées. C’est vraiment dommage car j’ai eu l’impression d’un potentiel gâché.
Publié en Août 2026 au Seuil, 480 pages.



