« Les Petits Courages » est le premier roman de Sabrina Delarue. Il nous met en présence de cinq femmes qui vont se croiser, dans leur voisinage ou via le travail.
Louise, endeuillée et en arrêt maladie, a peur de ne pas être à la hauteur pour son petit garçon Antoine ; Carmen est une adolescente qui se pose des questions sur son avenir ; Maria, qui vient d’être opérée d’un cancer, est hospitalisée ; Iris est une jeune infirmière de nuit ; Amira est une brillante étudiante qui a mis sa scolarité sur pause et qui commence aujourd’hui une mission d’hôtesse d’accueil.
Ce roman choral, dont le fil conducteur est « L’Art de la Joie », le livre de Goliarda Sapienza, est très frais, très plaisant à lire. Les cinq femmes, qui sont toutes à la croisée des chemins, sont sympathiques et attachantes.
Cependant, 150 pages est un format très court pour pleinement développer le potentiel de ces personnages et de ce roman. L’autrice est douée pour créer des personnages crédibles et incarnés, en peu de pages, ce qui est à souligner, mais Iris, l’infirmière, par exemple, est à peine esquissée, presque anecdotique, comme si elle avait été coupée au montage. J’ai été étonnée que le roman ne compte pas plus de pages, car Sabrina Delarue a voulu aborder beaucoup de thèmes : le deuil, la souffrance au travail, la maternité, le manque de sens, la maladie…ce qui donne un sacré cumul pour certaines des femmes. A un moment, elle rajoute même deux autres personnages, le fils de Louise, et le mari de Maria, ce qui fait beaucoup.
Les personnages sont là, la trame est là, la douceur aussi, malgré la dureté de ce qui est raconté, mais j’aurais aimé un peu plus d’ampleur – par exemple, l’utilisation de « L’Art de la Joie », dont le rôle dans le roman est souligné sur la quatrième de couverture, aurait pu être plus développée : un livre comme lien entre les personnages est une jolie idée, mais son contenu et les émotions qu’il génère sur ces femmes ne sont pas du tout exploités, cela aurait pu être un peu n’importe quel livre, même un livre fictif…
Un premier roman intéressant mais dont le potentiel aurait pu être plus développé.
Publié en Août 2026 aux éditions du Sonneur, 150 pages.



