L’Empathie – Antoine Renand

« L’Empathie », premier roman d’Antoine Renand, lu dans le cadre du Prix ELLE, n’est pas un livre vers lequel je serais spontanément allée, mais c’est tout l’intérêt du Prix  à mes yeux : me faire sortir des sentiers battus.

Un violeur en série sème la terreur dans la capitale : il escalade les façades d’immeuble pour s’introduire dans des appartements occupés par des couples, viole la femme et tabasse son conjoint. Anthony Rausch et Marion Mesny, enquêteurs à la brigade du viol, se lancent à sa poursuite, mais eux-mêmes cachent de lourds secrets…

Je ne pensais pas aimer ce thriller sur le viol, qui promettait d’être violent et dérangeant, mais c’est une lecture que j’ai finalement appréciée, ayant été happée par l’intrigue et son rythme haletant. La couverture annonce : « Vous ne dormirez plus jamais la fenêtre ouverte » et effectivement, on se prend à frissonner chez soi, dans un lieu où l’on se croyait jusque là protégé et en sécurité…

La trame est somme toute classique – des policiers qui traque un violeur – mais l’auteur a su tirer son épingle du jeu en créant des personnages attachants et originaux, et en s’appuyant sur des retournements de situation. Le récit est accrocheur, et même si certaines scènes sont vraiment dures, Antoine Renand a su éviter les écueils du glauque et du trash : l’atmosphère est réussie, la psychologie est fouillée, et les personnages sont bien incarnés, avec un vrai travail sur leur passé.

Il y a quand même quelques passages que j’ai trouvés moins bien maîtrisés – notamment le passé d’Alpha, ou encore une scène où les trois protagonistes semblent à la limite d’avoir des super pouvoirs, mais j’ai globalement beaucoup aimé ce premier roman, que j’ai trouvé très prometteur.

Grâce à Psychologies, j’ai eu l’occasion de rencontrer Antoine Renand dans les locaux du magazine dans le cadre d’un entretien avec Christilla Pellé-Douël. Âgé de 40 ans, il a été scénariste de trois courts-métrages, avec un long-métrage en préparation : l’écriture de scénario lui a beaucoup appris, et notamment à écrire sans gras, dans l’instant. En revanche, il a apprécié dans l’écriture du roman d’avoir l’occasion de pouvoir prendre son temps pour développer le récit – dans un scénario, il faut toujours couper des passages sinon le film est trop long. Il s’est beaucoup documenté pour écrire « L’Empathie », notamment car des victimes de viol pouvaient lire ce livre. Il comprend que son livre puisse rebuter car de manière générale, les violences sexuelles dérangent plus que les scènes de torture. Faisant le parallèle entre roman et adaptation cinématographique, il remarque en prenant l’exemple d' »American Psycho » qu’il y a des choses que l’on peut écrire mais que l’on ne peut pas montrer à l’écran…

Merci à l’équipe de Psychologies Magazine et notamment à Pauline Puyenchet pour cette rencontre.

Publié en Janvier 2019 chez Robert Laffont (La Bête Noire), 464 pages.

10e lecture de la Rentrée Littéraire de Janvier 2019.

 

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