Le Braconnier du Lac Perdu – Peter May

Après mes lectures de « L’île des Chasseurs d’Oiseaux » et de « L’Homme de Lewis », j’ai continué sur ma lancée avec le troisième tome de la trilogie écossaise de Peter May : « Le Braconnier du Lac Perdu ».

Fin MacLeod vit désormais sur l’île de Lewis avec Marsaili. Il a quitté la police et a trouvé du travail en tant que responsable de la sécurité d’un domaine, chargé de lutter contre les braconniers. A cette occasion, il revoit son ami de jeunesse Whistler : promis à un brillant avenir, celui-ci a refusé de quitter l’île pour aller faire ses études et vit désormais en marge de la société. Alors que Fin tente de le convaincre d’arrêter de braconner, les deux anciens amis découvrent un avion qui avait été englouti par un lac. L’avion avait disparu il y a dix-sept ans, avec, à son bord, Roddy MacKenzie, un musicien ami de Fin et Whistler. Mais l’occupant de l’épave n’est pas mort noyé mais assassiné…

Après deux livres enthousiasmants, j’ai trouvé ce troisième tome un peu moins convaincant. Je suis très attachée à Fin MacLeod, et j’étais ravie de le retrouver dans ce dernier volume, ainsi que les magnifiques descriptions de Peter May, qui sait vraiment donner envie de visiter les îles écossaises. Alors, certes, il y a beaucoup de bonnes choses dans ce roman : le personnage de Whistler est réussi, cet homme marginal a su m’émouvoir. Le fait qu’avec ce dernier livre, la boucle soit bouclée pour Fin, qui se confronte aux trois femmes qui ont compté dans sa vie – l’amour de jeunesse Marsaili, le fantasme Mairead, l’épouse et mère de son fils décédé Mona – est une excellente idée. J’ai également apprécié l’effroyable histoire du naufrage du Iolaire, le 1er janvier 1919, que nous raconte l’auteur – comme dans « L’Homme de Lewis » et ses homers, Peter May tient à nous raconter des épisodes tragiques qui ont marqué son île.

En revanche, j’ai trouvé l’intrigue plutôt faiblarde et artificielle. Cette histoire de groupe de rock gaélique ne m’a pas convaincue, tout comme les personnages qui lui étaient reliés, et l’explication du crime. Même certaines descriptions m’ont fait tiquer : la relation entre Whistler et sa fille Anna est touchante, mais pourquoi faire de cette ado de quinze ans qui vit sur une île isolée une gothique couverte de tatouages? Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Harlan Coben : c’est accrocheur, ça se lit bien, les pages défilent, mais ça laisse un goût d’inachevé.

« Le Braconnier du Lac Perdu » n’est pas un mauvais roman, loin de là, car il conserve cette belle plume, ces personnages attachants et cette ambiance qui ont fait le succès de la trilogie, et permet de boucler l’histoire de Fin. J’ai cependant trouvé que Peter May s’était un peu essoufflé, et que ce troisième livre était en-deçà du niveau de qualité des deux premiers. C’est dommage, j’aime quand une trilogie se termine sur un point d’orgue, comme par exemple avec la Trilogie des Ombres d’Arnaldur Indridason. 

Publié en 2012 aux éditions du Rouergue, en poche chez Babel Noir, traduit par Jean-René Dastugue, 320 pages.

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