Quatrième tome des Chroniques de la Place Carrée, une série de livres où Tristan Saule explore le quotidien d’une cité, « Et puis, on aura vu la mer » se déroule alors que la guerre a éclaté en Ukraine, au moment des élections présidentielles de 2022, alors qu’une grande partie de la cité fait le Ramadan.
Sabrina est une habitante du quartier. Sa vie n’est pas facile, elle se démène au quotidien entre son travail d’ATSEM, l’éducation de ses deux fils qu’elle élève seule, et son budget qu’elle a du mal à boucler. Mais quand elle croise une jeune Ukrainienne qui semble avoir de graves problèmes, elle n’écoute que son courage et recueille la jeune fille chez elle.
Et alors que des hommes louches venant de l’Est rôdent dans la cité pour savoir où se trouve Iryna, elle peut compter sur le soutien de deux autres femmes, Mathilde (l’héroïne du premier tome) et Zineb, la pieuse fille de l’épicier.
L’intrigue est un peu rocambolesque et pas toujours très crédible mais j’ai été touchée par cette histoire très ancrée dans l’actualité (réfugiés ukrainiens, esclavagisme moderne, montée de l’extrême-droite, travailleurs pauvres, influence grandissante de l’Islam) et surtout par le portrait réaliste de ces trois femmes, très différentes les unes des autres, mais liées par une belle amitié et par cette volonté de dépasser leurs propres difficultés pour venir en aide à autrui.
Même si la route est parsemée de danger, le road-trip qu’elles entreprennent est aussi une bouffée d’air frais, une échappatoire loin de la cité et de leurs problèmes personnels, et comme le dit le titre (qui m’a mis en tête une chanson de Julien Doré) «Et puis, on aura vu la mer »
Publié chez Le Quartanier en Février 2024, 340 pages.