Azucre – Bibiana Candia

Dans « Azucre » de Bibiana Candia, roman espagnol inspiré de faits réels, nous sommes en 1853 et des Galiciens embarquent sur un bateau en partance pour Cuba, à la recherche d’un avenir meilleur … Trois cents hommes qui laissent derrière eux une mère, une femme, un frère … et une vie miséreuse.
On pense à la chanson de Goldman, « Là-bas »:
Là-basFaut du cœur et faut du courageMais tout est possible, à mon âge Si tu as la force et la foi L’or est à portée de tes doigtsC’est pour ça que j’irai là-bas
Ils partent pour un périple, sans être sûrs qu’ils survivront à la traversée et qu’ils reviendront un jour, vers un pays inconnu à plusieurs kilomètres de leur village ancestral.
L’écriture de Bibiana Candia m’a happée. Les sens comme les sensations, le huis clos du bateau, les portraits vite esquissés de quelques passagers suffisent à poser le décor. Et puis, mais on s’en doute, on sent venir le danger, la réalité sera pire que tout cauchemar.
J’ai pensé qu’Oreste allait être le personnage principal, et j’aurais peut-être préféré que l’autrice fasse le choix d’individualiser un parcours, mais c’est un groupe, dans toute sa diversité d’âge et de situation, que nous allons suivre jusqu’en enfer.
Un livre âpre, prenant, terrifiant, bien loin de la douceur sucrée que pourrait évoquer le titre. 
Publié en Avril 2024 aux éditions du Typhon, traduit par Claude Bleton et Emilie Fernandez, 156 pages.

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