La piqûre d’abeille – Paul Murray

Excellente surprise de cette rentrée littéraire, « La Piqûre d’Abeille » de Paul Murray nous raconte l’histoire de la famille Barnes, qui se trouve à la croisée des chemins.

Dans cette famille irlandaise vivant dans une petite ville proche de Dublin, Dickie, le père, voit son garage péricliter. La perte de revenus et la baisse de leurs revenus perturbent grandement Imelda, la mère, très belle jeune femme qui a la fièvre acheteuse. Leurs enfants, Cass et PJ, font de leur mieux, entre mal-être adolescent, problèmes d’amitié, et harcèlement scolaire…
J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, sous forme de roman choral. Au-delà de l’histoire d’une famille, ce sont de vrais portraits psychologiques que décrit Paul Murray. Et c’est aussi réussi que jouissif. L’auteur est aussi doué pour l’incarnation que pour l’ironie. Chacun des membres cache des secrets, des tourments, a sa propre façon de faire face aux vicissitudes de la vie, entre survivalisme, adultère, alcool, fugue…mais malgré leurs failles et leurs émois, tous quatre sont attachants et avancent quand même, coûte que coûte, même si les chemins de traverse qui sont pris, et les choix qui sont faits, ne sont pas toujours glorieux ou judicieux.
La piqûre d’abeille, c’est le couac du mariage de Dickie et Imelda. Car les événements actuels ne sont pas juste liés à la récession économique, ils prennent racine dans le passé de chacun d’entre eux, une vingtaine d’années auparavant. Et c’est aussi cette genèse que nous raconte Paul Murray, avec des flash-backs dans leur jeunesse, lorsqu’Imelda était une adolescente issue d’un milieu dysfonctionnel et précaire, et Dickie le fils aîné étudiant de la famille la plus riche de la ville.
Le roman est un pavé mais j’ai été complètement accrochée. Il y a des scènes extrêmement fortes, comme ce passage où PJ est perdu dans les rues de Dublin, la nuit, et que le danger guette…mon seul petit bémol : la fin ouverte, car je n’aime pas ça. Mais c’est vraiment une excellente lecture, et la très belle découverte d’un auteur !
Publié en Août 2026 chez Albin Michel, traduit par Pierre Demarty, 688 pages.

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