J’aime beaucoup Joyce Maynard dont j’ai lu quasiment tous les livres et j’étais donc impatiente de découvrir son dernier, « L’Influenceuse ».
Tammy et Kevin, deux jeunes gens d’une vingtaine d’années sont en couple depuis quelques mois. La jeune fille, assistante vétérinaire, rêve de devenir influenceuse de métier. La meilleure façon à ses yeux de changer de vie tout en gagnant un maximum de followers et de sponsors est de se lancer dans un road-trip à travers les parcs nationaux américains en se mettant en scène sur Instagram. Elle convainc Kevin d’acheter un van et les voici lancés dans un grand voyage, entre yoga, « healthy food », et citations de développement personnel… Mais, alors que la promiscuité crée des tensions dans leur couple, leur nombre de followers reste médiocre, leur seule fan semblant être une certaine Roxanne, qui, elle aussi, s’est lancée dans un grand voyage en compagnie de son chien…
Ce que j’apprécie chez Joyce Maynard, c’est sa capacité à créer des personnages très incarnés, mais aussi à décrire les émotions et les sentiments. Malheureusement, cela ne se voit pas du tout dans ce nouveau livre. L’ouvrage est court, en forme de roman choral: on passe très rapidement d’un personnage à un autre, que ce soit Tammy, Kevin, Roxanne ou les parents du jeune couple, ce qui n’aide ni à leur incarnation, ni à la profondeur à l’intrigue.
Pourtant, l’autrice a prouvé avec « Prête à tout » qu’elle était capable d’écrire avec brio un roman noir- mais ici, cela ne fonctionne pas. Tout m’a semblé creux et un peu superficiel. Il y a une tentative de rebondissement original à la fin du livre mais cela n’a pas suffi à éveiller mon intérêt.
Cela ressemble à un roman produit rapidement, pour honorer une commande, sans véritable travail sur les personnages ou l’histoire. L’histoire est inspirée du meurtre de Gabby Petito aux Etats-Unis en 2021, et le roman a été publié en VO très peu de temps après, donc malheureusement, je pense que c’est le cas …
Une déception.
Publié en Mai 2026 chez Philippe Rey, traduit par Laurence Richard, 170 pages.



