Léon Blum : une vie héroïque – Philippe Collin

Après avoir lu l’adaptation du podcast de Philippe Collin consacré à Alfred Dreyfus, j’ai enchaîné avec « Léon Blum : une vie héroïque ».

Comme beaucoup de gens, je pense, j’associais Léon Blum au Front Populaire, et aux congés payés. Mais j’en savais finalement peu sur lui. Philippe Collin a fait le même constat, tout le monde connait le nom de Léon Blum, mais sa vie, sa carrière, ses réalisations restent relativement méconnues, effacées du roman national : pas assez communiste pour la Gauche de l’après-guerre, et surtout trop juif pour l’extrême-droite.

Le livre, adapté du podcast éponyme, trace le portrait d’un homme engagé, courageux, profondément humaniste et républicain. Léon Blum est né à Paris en 1872, dans une famille juive originaire d’Alsace. Fin lettré, auteur et critique littéraire, il est attaché au patrimoine historique et culturel de la France. Ami de Maurice Barrès, il s’éloigne de lui durant l’affaire Dreyfus, et se rapproche de Jean Jaurès. Engagé en politique au moment de la Première Guerre mondiale, il devient une figure du socialisme français, et très tôt, s’inquiète de l’influence de l’URSS et du bolchevisme. Son gouvernement sera un symbole de progressisme, incorporant, pour la première fois, des femmes, et mettant en place des mesures inédites comme celles des congés payés.

Mais Blum, déjà considéré comme trop dandy ou bourgeois, fera face à un antisémitisme violent, victime d’agressions physiques, de menaces, de fausses rumeurs, d’attaques parlementaires. Durant la Seconde Guerre mondiale, Pétain le fera emprisonner et, livré aux Allemands en 1943, Léon Blum sera retenu comme otage, en compagne de Georges Mandel, dans une maison à côté de Buchenwald. Jeanne, qui deviendra sa troisième épouse, demandera l’autorisation à Laval de l’y rejoindre pour partager sa captivité.  Léon Blum était en effet un grand amoureux, et il avait provoqué un scandale en publiant en 1907 un livre prônant la liberté sexuelle des femmes.

L’ouvrage est dense – j’aurais d’ailleurs préconisé un découpage en dix épisodes ou chapitres, plutôt que neuf, car il y a beaucoup d’informations – mais comme les autres adaptations des podcasts de Philippe Collin, il est extrêmement accessible et riche en illustrations, ce qui rend la lecture aisée et agréable.

Philippe Collin a réussi son pari, rendre à Léon Blum ses lettres de noblesse, remettre sur le devant de la scène ses grandes qualités humaines, son engagement, et sa bravoure.

Publié en 2023 chez Albin Michel, 368 pages.

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