Leïlah Mahi 1932 – Didier Blonde

3 coeurs
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Cette année, le Prix Renaudot Essai a été attribué à « Leïlah Mahi 1932 » de Didier Blonde. Un livre que les billets de Galéa et Jérôme m’ont donné envie de découvrir…
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Alors qu’il se promène au cimetière du Père Lachaise, Didier Blonde repère une photographie artistique d’une belle femme, avec juste un nom « Leïlah Mahi » et une date de décès, en 1932. Intrigué par cette mystérieuse inconnue, il décide de mener l’enquête pour savoir qui elle était.
En effet, Leïlah Mahi fait écho à des thèmes qui le fascinent : les disparus anonymes – il a notamment écrit un livre sur l’Inconnue de la Seine, une jeune fille dont le cadavre a été repêché dans le fleuve en 1900- et les artistes oubliés, comme Musidora ou Suzanne Grandais, sujets de deux autres de ses ouvrages.
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L’enquête de Didier Blonde, découvrir qui est la femme derrière ce beau portrait, est une démarche que je comprends tout à fait, je ne doute pas que si j’avais repéré cette photographie et ce nom exotique lors d’une promenade, j’aurais par curiosité regardé sur Internet qui était cette jeune femme. D’ailleurs Didier Blonde, naturellement, fait une recherche sur le web, mais pour s’apercevoir que s’il y a de nombreuses personnes fascinées par ce portrait, il n’y a que des suppositions qui circulent, et personne n’a fait d’enquête ne serait-ce qu’administrative pour en savoir plus.
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Seulement, Didier Blonde ne nous raconte pas une démarche minutieuse entreprise en quelques semaines, mais un projet qui l’a accompagné durant plusieurs années, un projet qu’il a abandonné, découragé par le manque d’informations, puis repris plus tard. Un projet qui entraînera Didier Blonde dans le dédale des administrations, qui lui fera découvrir deux romans écrits par Leïlah Mahi qu’il pense être autobiographiques, un projet qui en dit finalement plus long sur l’enquêteur que sur la personne recherchée.
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Le lecteur suit cette enquête, pas à pas, avec ses impasses, ses imprévus, ses pauses, ses découragements. C’est à la fois très bien écrit et palpitant puisqu’il est difficile de ne pas se passionner également pour cette femme bien mystérieuse. Et on finit par en savoir plus sur Leïlah Mahi, ses origines, ses occupations, ses lieux de vie.
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Didier Blonde
Pourtant, j’ai trouvé dommage que l’auteur n’aille pas plus loin dans son enquête. Après avoir obtenu un document majeur, qui lui donne des informations qui lui permettraient d’en savoir beaucoup plus sur Leïlah Mahi, il choisit en effet de mettre un terme à ses recherches. Si cette décision concorde avec l’ambiance du livre, elle m’a laissée sur ma faim. J’ai été déçue également que Didier Blonde n’exploite pas plus les romans de la jeune femme, sur lesquels on passe très rapidement, ni l’information que lui donne une personne interrogée, qui pense reconnaître sur la photo une actrice oubliée.
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« Leïlah Mahi » de Didier Blonde est un document prenant et passionnant, que j’ai dévoré, mais dont la fin m’a un peu frustrée. Sans doute, en bonne amatrice de romans policiers, ai-je vu dans ce livre une enquête dont j’attendais la résolution, alors qu’il s’agit plutôt d’une quête, un portrait en filigrane de l’auteur et de son état d’esprit.
Publié le 1er Octobre 2015 aux Editions Gallimard, 128 pages.
21e participation au Challenge 1% Rentrée Littéraire 2015

7 commentaires sur “Leïlah Mahi 1932 – Didier Blonde

  1. @ Jérôme : surtout quand comme moi on aime les policiers et qu'on est habitué à obtenir la résolution de l'enquête!
    @Tiphanie : oui c'est très fluide (et court également), ça se lit sans aucun problème
    @Delphine Olympe : à part la fin qui m'a déçue, ça se lit avec appétit!
    @Maggie : merci 🙂 j'espère donc que tu le liras..;et que tu aimeras 🙂

  2. pour moi c'était tellement modianesque que finalement ça ne m'a pas gêné plus que cela, la quête était plus intéressant que le dénouement, mais je comprends ta frustration. Ce qu'il nous dit au final avec la derniere adresse, c'est qu'on ignore encore tout un pan de son existence…

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