LaRose – Louise Erdrich

Ma première rencontre avec Louise Erdrich n’avait pas été des plus réussies : j’avais été franchement déçue par « Le pique-nique des orphelins ». Pourtant, des avis très positifs sur la romancière amérindienne m’ont fait remettre le pied à l’étrier avec son nouveau roman « LaRose ».

En 1999, Landreaux Iron tire sur un cerf à l’ouverture de la chasse. Il rate sa cible…mais Dusty, le fils de ses voisins, âgé de cinq ans, est touché et meurt. Landreaux décide alors de suivre une ancienne tradition ojibwé et de confier son plus jeune fils, LaRose aux parents endeuillés, Peter et Nola Ravich…

J’avais reproché au « Pique-nique des orphelins » des personnages antipathiques, peu attachants…Ici, c’est tout l’inverse : Louise Erdrich, un peu comme Joyce Maynard dans « Les Règles d’Usage », nous livre un roman qui m’a laissé une impression de chaleur et de bienveillance. Le récit commence pourtant par un décès tragique, plusieurs personnages sont peu sympathiques (Roméo, loser voleur et manipulateur, voire même Nola la mère endeuillée), et pourtant, bien qu’une tension règne en permanence, l’auteure a choisi l’optimisme, comme si les allers-retours de LaRose entre ses deux foyers créaient un apaisement. Le récit s’appuie sur des personnages qui ont su évoluer : se débarrasser de ses addictions, changer d’état d’esprit, pardonner… J’ai particulièrement aimé la relation qui se crée entre les sœurs de LaRose, Neige et Josette, et celle de de Dusty, Maggie. Il y a beaucoup de petites scènes du quotidien qui n’apportent pas forcément grand chose au récit, mais m’ont rendu les personnages plus proches.

LaRose n’est pas juste un fils, il est le descendant de toute une lignée de LaRose depuis la toute première, une enfant sauvage vendue par sa mère et qui, arrivée à l’âge adulte, saura conjuguer la spiritualité, le savoir-faire et les traditions ojibwé avec les bonnes manières acquises au pensionnat censé « transformer les Indiens en Blancs ». Un flash-back nous ramène également à l’origine de l’inimité entre Landreaux et Roméo, lorsqu’ils étaient tous deux des élèves vifs et intrépides d’un pensionnat.  Mais si l’auteure n’oublie pas le racisme, les mauvais traitements, le désespoir, les addictions, là aussi la voie de l’apaisement et de l’optimisme est choisie.

« LaRose » n’est pas parfait, j’ai trouvé le récit parfois décousu, et aussi trop long, mais j’ai beaucoup aimé cette histoire et l’angle choisi par Louise Erdrich pour la raconter. Un beau roman qui a su me réconcilier avec l’auteure.

Publié en Janvier 2018 chez Albin Michel, traduit par Isabelle Reinharez, 528 pages.

Merci à Lea Touchbook et aux éditions Albin Michel!

5e lecture de la Rentrée Littéraire de Janvier 2018.

 

18 commentaires sur “LaRose – Louise Erdrich

  1. Pour moi c’était mon premier Erdrich 🙂 et je n’ai pas été déçue. J’y ai aussi trouvé quelques longueurs mais elles ont vite été oubliées pour me concentrer sur ce petit LaRose qui m’a beaucoup émue. 🙂

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