Le Livre de Dina – Herbjørg Wassmo

Deuxième livre norvégien lu, toujours d’Herbjørg Wassmo après « Cent Ans » : la trilogie du « Livre de Dina », composée des romans « Les limons vides », « Les vivants aussi » et « Mon bien-aimé est à moi ».

« Le Livre de Dina », comme son nom l’indique, nous trace le portrait de Dina sur plusieurs décennies. Au début du tome 1, Dina est une petite fille vivant en Norvège, dont la vie est marquée par un drame : sa mère meurt ébouillantée, une mort tragique dont elle est indirectement fautive. Dina va grandir aux côtés de son père, sans amour, sans attention, sans éducation, à la limite de l’enfant sauvage. Seule la musique la touche et lui permet de s’exprimer. A l’adolescence, son caractère particulier et son comportement étrange dérangent son père et la nouvelle femme de celui-ci. Le père de Dina décide alors de la marier à l’un de ses amis : si Dina est d’abord récalcitrante, elle finit par y trouver son compte, ce mariage lui permettant de devenir la maîtresse d’une grande demeure bourgeoise. Cette trilogie nous raconte donc la vie d’une femme en position de force, très intelligente, qui possède un caractère extrêmement particulier, violent et impétueux…

« Le Livre de Dina », lu dans le cadre de Bibliomaniacs, était un coup de cœur de Léo. Ma mère a également lu cette trilogie, et beaucoup aimé. Je m’attendais donc à ce que ce roman soit également un coup de cœur, mais si j’ai vraiment apprécié cette lecture, mon avis est quand même mitigé.

Je n’ai pas boudé mon plaisir en lisant ce livre et le personnage de Dina y est pour beaucoup : c’est une grande héroïne de roman, flamboyante, en décalage avec son époque et son milieu. Elle est féministe, provocatrice, avec une personnalité excessive et intense, et une sexualité débridée, et rien ne l’arrête, ce qui occasionne des scènes très fortes. Il est jouissif de se confronter à un tel personnage, qui fait ce qu’elle veut quand elle veut, qui se débarrasse des gens et des problèmes en un tour de main, qui ne se soucie pas du qu’en dira-t-on, qui n’est pas dans le jugement…

En revanche, j’ai trouvé que le livre était inégal : certaines scènes, certains passages sont très bien écrits, très réussis, mais d’autres sont bancals, notamment les passages en italique, qui m’ont semblé dispensables. Les dialogues ne sont clairement pas le point fort de ce roman, la retranscription du parler populaire de Dina étant franchement ratée…La personnalité de Dina n’est pas non plus toujours facile à comprendre, avec des facettes contradictoires. Dina est présentée comme une femme capable de gérer des entreprises, de mettre en place des stratégies, de tenir des livres de comptes alors qu’elle n’a pas eu d’éducation et ne connait pas non plus la vie, ayant vécu isolée jusqu’à l’adolescence. Certains de ses comportements peuvent laisser penser qu’elle est autiste, d’autres qu’elle est psychopathe, et pourtant elle est capable de grandes envolées amoureuses…

« Le Livre de Dina » d’Herbjørg Wassmo est comme les montagnes russes, j’ai été ballottée  du positif au négatif, du chaud au froid, du mauvais dialogue à la phrase magnifique, du passage bancal à la belle trouvaille (les esprits que voit Dina). Pourtant ce roman reste très séduisant -un peu comme les grandes sagas de l’été – grâce à son personnage féminin très fort, brut de fonderie, et de multiples péripéties : on est emporté par cette lecture et on ne s’ennuie pas une seconde, même si on fronce le sourcil à de nombreuses reprises ! 

Publié entre 1989 et 1997, traduit par Luce Hinsch, en broché chez Gaïa et en poche chez 10/18, 640 pages.

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