Coup de cœur inattendu avec « Idiot Wind », livre tiré du fin fond de ma PAL!
En 1987, Peter Kaldheim, alors âgé de 37 ans, s’enfuit de New York après avoir arnaqué un dealer. Il est alcoolique, drogué, et vit d’expédients et de petits deals… pourtant, sa vie d’adulte avait bien commencé. Diplômé de Dartmouth, une université de l’Ivy League, il travaillait comme éditeur dans une maison d’éditions. Mais les addictions, et ce qu’il appelle l’ Idiot Wind, le vent idiot, cette tendance qui le pousse vers les mauvaises décisions, référence à Bob Dylan, lui ont coûté sa carrière et sa vie maritale. Acculé, ce n’est pas seulement un dealer qu’il fuit mais une vie dangereuse et qui n’a aucun sens.
Décidant de se rendre sur la côte Ouest pour retrouver un ami qui pourrait lui fournir du travail, il se lance dans un road trip de plusieurs milliers de kilomètres, entre bus, auto-stop, train de fret …
Ce récit autobiographique raconte ce grand voyage de plusieurs semaines, puis un assez long séjour à Portland, où Peter Kaldheim mène une vie de hobo. SDF, allant de villes en villes, de rencontres en rencontres, il parle de son chemin et aussi de son cheminement. Aucune plainte de sa part (à part quand il a vraiment mal aux pieds), toucher le fond lui permet de se retrouver et de retrouver un sens à sa vie.
Le livre m’a fait penser d’une certaine manière à celui de Cheryl Strayed, « Wild » que j’avais beaucoup aimé également. Le récit est très vif, avec un vrai regard d’auteur, et de nombreuses références littéraires (Kaldheim est un grand lecteur et fait référence notamment à Orwell et à Kerouac) Les différents portraits des gens qu’il rencontre (je pense notamment à John Detoutesfaçons) et son récit de sa vie au jour le jour à Portland, entre foyers et hôtels miteux, sont particulièrement réussis.
J’ai été complètement happée par ce livre et Peter Kaldheim est un personnage attachant que j’ai eu plaisir à suivre durant ces mois d’errances. Un très beau texte !
Publié chez Delcourt en 2020, traduit par Séverine Weiss, en poche chez Pocket, 456 pages.



