Dans « Les Marécages » de Joe R. Lansdale, un homme âgé, Harry, se souvient d’une affaire criminelle à laquelle il avait été mêlé dans les années 30. Alors âgé d’une douzaine d’années, il avait trouvé avec sa petite sœur Thomasina le cadavre d’une femme noire mutilée… à l’époque, au Texas, personne ne s’intéressait vraiment au meurtre d’une noire, sauf le père d’Harry et Thomasina, qui était le constable local lorsqu’il ne tenait pas un salon de coiffure.
Le livre est une plongée dans le Sud des États-Unis, marqué par la ségrégation, le racisme et l’influence du Ku Klux Klan. Difficile de ne pas penser à « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » avec cette histoire vue à hauteur d’enfant, où un père recherche la justice et la vérité, quelle que soit la couleur de peau de la victime, à contre-courant de l’esprit de l’époque et de son entourage.
L’ambiance est une vraie réussite, tout comme toute la galerie de personnages secondaires : la mémé de Harry et Thomasina, qui elle aussi mène l’enquête, Miss Maggie la vieille dame noire qu’Harry aime beaucoup, Red l’ex petit ami de la mère des enfants …
Même s’il y a quelques petits bémols – une intrigue un peu distendue, une façon de toujours appuyer sur le fait que le père d’Harry est un homme juste, un dénouement que j’ai vu arriver – j’ai beaucoup aimé ce roman sombre et immersif aux accents parfois enfantins.
Publié chez Folio Policier, traduit par Bernard Blanc, 400 pages.



