Cela faisait longtemps que je voulais lire « Qui se souvient de Paula? » de Romain Slocombe.
Comme dans la série autour de l’inspecteur Sadorski, le roman se déroule durant la Seconde Guerre mondiale.
Attention à la quatrième de couverture qui donne à mes yeux une vision faussée de l’intrigue. En effet, les deux premières parties sont situées en 1942-1943. A l’été 1942, Paula Karlinski, une étudiante en khâgne juive, écrit à son petit ami Jacques, qui s’est enfui à Londres après avoir été brièvement emprisonné pour avoir porté une fausse étoile jaune avec marqué « swing » dessus. La jeune fille vit avec son père, un peintre connu, dans leur appartement parisien, tandis que sa mère et son petit frère viennent de partir se réfugier à Lyon…Dans une troisième partie, plus de cinquante ans plus tard, Jacques tombe sur une petite annonce sur internet qui demande « Qui se souvient de Paula Karlinski? ».
Il faut garder en tête que le roman a été écrit à l’origine pour les adolescents, ce qui explique que le texte apparaisse parfois comme pédagogique. Il n’empêche qu’il est parfois bon de rappeler que sur les 13 000 juifs arrêtés lors de la rafle du vel d’hiv, seulement une centaine reviendra des camps, et que des hommes – aucune femme, aucun enfant.
On s’attache à Paula, jeune fille de vingt ans, ayant grandi jusque là dans un univers protégé, et qui se retrouve confrontée seule à un monde hostile, dangereux, où n’importe qui peut se révéler être un traitre qui la conduira à sa perte, et où elle doit prendre en permanence des décisions qui pourraient se révéler fatales. La dernière partie, où Romain Slocombe semble rattrapé par son goût pour le polar, m’a moins convaincue même s’il y a quelque chose de très beau dans cette petite annonce, qui fait écho à la Dora Bruder de Modiano.
Un livre à la fois documenté et touchant sur une jeune femme qui tente de survivre dans une période dramatique.
Disponible en poche chez Points, 192 pages.



