La Correspondante – Virginia Evans

« La Correspondante » du titre du roman de Virginia Evans, c’est Sybil van Antwerp, une septuagénaire américaine, retraitée d’une prestigieuse carrière juridique. Divorcée de longue date, mère d’enfants adultes dont elle n’est pas proche, elle vit désormais seule dans sa belle maison de la Côte Est.

Depuis son plus jeune âge, Sybil écrit des lettres. Elle entretient une correspondance avec plusieurs personnes de son entourage – sa meilleure amie Rosalie, devenue sa belle-sœur, son frère (qui comme elle, a été adopté) qui vit en France, son voisin Théodore Lübeck, le fils adolescent et précoce d’un ancien collègue juge… mais aussi avec des autrices et auteurs qu’elle apprécie, comme Joan Didion.

Ce n’est pas le premier roman épistolaire que je lis, le procédé n’est pas vraiment original, et pourtant j’ai eu un grand coup de cœur pour « La Correspondante ». C’est le type de livre où l’on découvre peu à peu une histoire, où les éléments se mettent en place au fur et à mesure des années, via – et uniquement via – les différentes lettres envoyées ou reçues par Sybil.

Je pense que certaines facettes m’auraient agacées dans un autre ouvrage, notamment la quantité de drames et de malheurs qui sont évoqués… mais ici cela fonctionne, et j’ai totalement adhéré à ce que propose l’autrice : c’est fluide, maîtrisé, émouvant sans tomber dans le pathos…

J’ai particulièrement apprécié que Sybil ne soit pas toujours aimable : c’est une femme de caractère, qui a beaucoup souffert, et elle est parfois sèche, injuste, égoïste … très humaine finalement, et c’est un personnage vraiment incarné qu’a créé Virginia Evans.

C’est un coup de cœur inattendu (merci à mon amie Coralie pour cette découverte!), un premier roman qui m’a ferrée et qui m’a émue. Une réussite !

Publié en Janvier 2026 à la Table Ronde, traduit par Léïla Colombier, 336 pages.

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