La Mer Immense – Victoria Hislop

J’aime beaucoup les romans de Victoria Hislop, grande amoureuse de la Grèce qui me fait toujours découvrir des aspects de l’histoire de ce pays.

Son nouveau roman « La mer immense » commence en 1947, dans un village situé dans les montagnes du Nord de la Grèce, Kalopetra. La Grèce est alors secouée par une guerre civile qui oppose l’armée grecque gouvernementale et l’armée démocratique de Grèce, qui est la branche armée du parti communiste. Le village a été déserté par les hommes, qui se sont engagés dans l’une de ces deux armées, selon leur tendance politique. Il ne reste donc plus que les femmes et les enfants : parmi eux, Fotini, sa fille de neuf ans Iliana, et son bébé Mitsos. Un jour, l’armée gouvernementale vient rafler tous les habitants, soupçonnés de soutenir les communistes. C’est en effet le cas de Stella, la sœur de Fotini, mais pas de toutes les villageoises : peu importe, les femmes et les enfants en bas âge sont tous envoyés à Averof, une prison située à Athènes. Les enfants plus grands, dont Fotini, étaient cachés et se retrouvent seuls … jusqu’à ce que l’armée communiste arrive et les prenne avec eux…direction un pays ami : l’Albanie.

« La mer immense » est extrêmement riche au niveau historique puisque l’on va suivre la destinée de trois personnages : Fotini qui se retrouve emprisonnée dans plusieurs lieux, dont l’île de Chios, où elle devient amie avec une autre détenue, Markella ; Iliana, envoyée par les communistes dans un pays étranger où elle recevra une éducation politique ; Nikos, le petit garçon de Markella, qui lui aussi va être soustrait à sa mère, mais par le gouvernement monarchiste.

J’ai découvert des faits stupéfiants que j’ignorais totalement, notamment l’histoire de ces enfants exilés –paidomazoma (que ce soit par les communistes ou par le gouvernement). Si l’intrigue est parfois un peu trop romanesque (l’histoire de Markella n’avait peut-être pas besoin d’être alourdie par des faits annexes), j’ai apprécié que Victoria Hislop ne tombe pas dans les travers du manichéisme – on le voit par exemple avec Iliana qui découvre en Albanie l’égalité homme-femme, l’accès à la culture et la possibilité de faire des études – bien loin des perspectives qu’elle pouvait avoir dans son village traditionnel.

Un roman extrêmement intéressant, avec un contexte historique fouillé et documenté, porté par des personnages attachants.

Publié en Octobre 2026 aux Escales, traduit par Alice Delarbre, 563 pages.

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