Lola Bensky – Lily Brett

3 coeurs

« Lola Bensky » est un livre qui a reçu le Prix Médicis Etranger en 2014. C’est une autobiographie romancée de Lily Brett, journaliste et romancière australienne. Celle-ci est née en 1946 en Allemagne, dans un camp de personnes déplacées. Ses parents était un couple de Juifs polonais ayant survécu à Auschwitz. A l’âge de 19 ans, Lola est engagée par un magazine rock australien pour faire des reportages à Londres, New York et au festival de Monterrey.

 

Emily Brett à côté de John Weider, guitariste du groupe Eric Burdon and the Animals, en 1967.
Lily Brett dans les années 60 avec le guitariste des Animals

« Lola Bensky » évoque trois grands thèmes : le rock des années 60, les problèmes de poids, et les difficultés de grandir avec des parents ayant été déportés. Lola est à la fois traumatisée et obnubilée par Auschwitz, notamment par les expériences sordides et inhumaines pratiqués par les « médecins » sur les déportés. Elle raconte son enfance auprès de ses parents qui ne sont jamais vraiment là : la mère toujours plongée dans ses souvenirs, et qui est focalisée sur le surpoids de Lola – les rondeurs étant mal vues puisqu’elles symbolisaient ceux qui coopéraient avec les Nazis -et le père qui se réfugie dans la lecture de romans policiers. Les réflexions sur Auschwitz et le surpoids tournent parfois en boucle, ce qui peut lasser, mais le récit n’en reste pas moins passionnant.

 

Lily Brett

Même si la majeure partie du récit se passe dans les années 60, le rock’n’roll vu par Lola n’est pas vraiment associé au sexe et à la drogue, la jeune fille étant plutôt sage et un brin naïve. Elle interviewe les plus grands musiciens des années 60 – à qui elle parle bien sûr d’Auschwitz et de ses problèmes de poids – ce qui donne une galerie de portraits très intéressants. On y croise Linda Eastman, future McCartney, et sa franchise assez brutale, Brian Jones et Jim Morrison (très brumeux), mais aussi Cher (qui emprunte ses faux cils à Lola, et semble complètement muselée par Sonny), Janis Joplin (qui parle très ouvertement de sexualité avec Lola),  Mama Cass (avec qui Lola va bien évidemment discuter de surpoids) et Mick Jagger et Jimi Hendrix tout deux ouverts, sympathiques, intelligents et attentionnés. A part Cher et Mick Jagger, quasiment tous seront morts un ou deux ans après.

Lola Bensky deviendra romancière et la description des romans policiers farfelus qu’elle écrit m’a vraiment donné envie de les lire…dommage qu’ils n’existent pas vraiment! La partie, mineure, qui concerne la vie de couple de Lola m’a beaucoup moins intéressée que le récit des années 60. « Lola Bensky » est un livre qui peut parfois un peu agacer, mais qui aborde des thèmes vraiment intéressants et est très agréable à lire. Une jolie découverte.

Publié le 7 Mai 2014 aux Editions La Grande Ourse, traduit de l’Australien par Bernard Cohen, 272 p

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