Les filles de l’ouragan – Joyce Maynard

3 coeurs

Après « L’homme de la montagne » et « Long week-end », c’est le troisième roman de Joyce Maynard que je lis.

« Les filles de l’ouragan », ce sont Ruth et Dana, qui sont nées le même jour de 1950 dans le même hôpital, neuf mois après un ouragan.  Les deux familles n’ont rien en commun : Ruth est la cinquième fille d’un couple d’agriculteurs tandis que Dana est le deuxième enfant d’une artiste et d’un homme qui change sans cesse de voie professionnelle. Pourtant, la mère de Ruth, une femme stricte et pieuse qui semble aimer moins Ruth que ses autres enfants, insiste sur le fait que les filles sont « sœurs de naissance » et entretient le lien entre les deux foyers malgré les multiples déménagements des parents de Dana.

Joyce Maynard

Ruth et Dana sont les deux narratrices, en alternance, et racontent chacune sa vie, en parallèle, sur une cinquantaine d’année. Etudes, histoires d’amour, sentiments et déchirements…avec en décor de fond la grande et petite Histoire des Etats-Unis avec Woodstock, la guerre du Vietnam et l’évolution des mœurs. Dommage que l’éditeur ait choisi de révéler sur la quatrième de couverture qu’il y avait un secret de famille,  cela casse une partie du suspense et enlève du sel au récit. Mais j’ai retrouvé dans ce roman la belle plume de Joyce Maynard et son attachement pour ses personnages, et cela m’a fait plaisir de voir qu’elle pouvait sortir du schéma « un ou une ado a un quotidien relativement ordinaire même si sa mère qui l’élève seul(e) est un peu frappadingue jusqu’au jour où un événement extraordinaire change sa vie pour toujours » qui se dessinait dans les deux romans que j’avais lus d’elle.

Il n’est pas évident de mener de front deux narratrices différentes qui racontent leur vie de façon quasi chronologique et le côté linéaire du roman peut ennuyer à la longue, mais j’ai aimé ce livre et ces personnages attachants, Ruth et Dana, bien sûr, mais aussi Monsieur Planck, un très beau portrait de père. »Les filles de l’ouragan » de par la chronologie extensive de son récit n’a peut-être pas la force de « Long week-end » ou la tension de « L’homme de la montagne » mais c’est un livre plein d’humanité et très agréable à lire Bref, je ne me lasse pas de Joyce Maynard, dont je vais bientôt également découvrir « Baby Love » et  l’autobiographique « Et devant moi, le monde ».

Publié le 5 janvier 2012 aux Editions Philippe Rey, traduit par Simone Arous, 330 pages.

16 thoughts on “Les filles de l’ouragan – Joyce Maynard

  1. L'éditeur ne laisse planer aucun mystère sur le secret en question mais l'auteur non plus. Même si elle ne le révèle pas explicitement les indices sont tellement évidents (l'attitude de la mère, les conditions de la naissance des filles, leurs ressemblances avec leurs familles biologiques et leurs différences avec leurs familles "d'adoption",…) qu'il est difficile de passer à côté ! Mais justement cela ne m'a absolument pas dérangée puisque le sujet du roman n'était pas le mystère du secret mais plutôt ses effets sur la vie des différents personnages.

    1. oui tu as raison, c'est plus qu'évident dans le texte (et limite presque trop) et ce n'est pas le sujet en lui-même, mais ça m'a quand même un peu agacée que l'éditeur le souligne dans le résumé.

  2. @Clara: son dernier était le premier que je lisais donc je n'ai pas été déçue…peut-être que si j'avais lu Long week end d'abord j'aurais moins apprécié la lecture de l'Homme de la Montagne…

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