Les Héritiers de la Mine – Jocelyne Saucier

4 coeurs
« Les Héritiers de la Mine » de Jocelyne Saucier est un roman québécois dont j’avais entendu parler dans l’émission spéciale librairies de La Grande Librairie, puis que j’ai retrouvé sur la blogosphère. Un roman semblant atypique, que j’étais curieuse de découvrir.

Il y a 21 frères et sœurs dans la famille Cardinal, qui vit dans une petite ville minière du Québec. Le père est prospecteur et a découvert la mine locale, et les enfants sont les maîtres de la ville, faisant les 400 coups, notamment à l’aide de dynamite. La tribu est soudée, chaque enfant a son surnom propre, et la fratrie s’est organisée pour les repas, les nuits, les activités, en parallèle d’un père souvent absent physiquement, et d’une mère souvent absente dans sa tête. Pourtant, lorsque débute le roman, alors que les enfants sont désormais adultes, lors d’une cérémonie dédiée au travail du père, la fratrie est complètement disloquée. Quelques-uns des frères et sœurs vont alors prendre la parole, chacun leur tour, pour nous expliquer ce qu’il s’est passé.
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Jocelyne Saucier
J’avais des doutes sur le fait que « Les Héritiers de la Mine » arrive à me plaire, et pourtant j’ai beaucoup aimé ce roman polyphonique. Avec le récit, chapitre par chapitre, de ces frères et sœurs, on plonge dans un microcosme, celui d’une toute petite ville du Québec rural de l’après-guerre, dans une famille très particulière, avec ses propres us et coutumes. Une famille de 21 enfants, qui s’auto-gère, avec ses alliances, ses tensions, ses caractères différents, ses influences. Les grands s’occupent des petits, certains se distinguent, prennent la direction des opérations, dominent les autres, font régner la loi dans la petite ville, terrorisent les riverains, d’autres sont plus suiveurs, plus soumis. Les moyens financiers sont très limités, la maison est petite, les parents semblent peu impliqués.
Chacun des narrateurs raconte les souvenirs de cette époque, en fonction de sa place dans la fratrie, et de son influence dans cette famille où tout est codifié. Très vite, on sent que quelque chose cloche, qu’il s’est passé un drame, mais lequel?
J’ai eu un  peu de mal à entrer dans ce récit, car il faut se retrouver au début entre tous les enfants (21!), leurs vrais prénoms, et les surnoms qu’ils utilisent systématiquement entre eux. Mais très vite je me suis attachée à cette famille hors norme, et j’ai aimé cette histoire à différentes facettes, selon qui la raconte. J’ai notamment beaucoup apprécié le récit de cette vie en autarcie, où quasiment tout se passe dehors, en mode Tom Sawyer et Huckleberry Finn, et l’organisation de cette famille ultra-nombreuse.
Je pense que « Les Héritiers de la Mine » de Jocelyne Saucier est le premier roman québécois que je lis depuis les livres d’Arlette Cousture quand j’étais ado (« Emilie la passion d’une vie ») et clairement c’est une réussite. Cela me donne du coup envie de découvrir un autre livre de Jocelyne Saucier « Il pleuvait des oiseaux ».
Publié le 4 Mai 2015 aux Editions Denoel, 224 pages.

7 commentaires sur “Les Héritiers de la Mine – Jocelyne Saucier

  1. je viens de finir Il pleuvait des oiseaux et j'ai beaucoup aimé! je sais que je relirai cette auteur (sans doute celui-ci après avoir lu ton avis) en novembre prochain pour le prochain mois québécois 😉

  2. Elle a l'art de parler de groupes en autarcie, isolés du reste du monde, car c'est carrément ça aussi dans Il pleuvait des oiseaux. Un très beau roman que je t'invite donc à découvrir 🙂

  3. @ Jérôme : je me souviens en effet de ton billet, lu avant la lecture de ce roman, et qui m'avait bien refroidie…

    @ Laeti : il va être au programme d'un futur Bibliomaniacs, donc ce sera une très prochaine lecture…

    @Enna : contente que tu aies aimé Il pleuvait des oiseaux, on guettait ton avis avec impatience chez les Bibliomaniacs… 🙂

    @Noukette : je pense que tu aimeras 🙂

  4. "Il pleuvait des oiseaux"… GO, il faut découvrir ce roman de toute urgence. Quelle histoire…
    "Les héritiers de la mine" est le seul roman de Jocelyne Saucier que je n'ai pas encore lu. Et après avoir lu ton billet, je me demande bien ce que j'attends pour m'y mettre.(Trop de romans en attente, peut-être?!).
    En passant, la couverture chez Denoël est beaucoup plus belle que celle publiée par chez nous…

  5. Moi aussi, j'avais eu du mal à entrer dans ce roman et j'avais même cru que j'allais devoir l'abandonner. Et puis finalement, j'ai persisté et je l'ai trouvé très bien. J Saucier arrive à distiller un doute dans l'esprit du lecteur, qui donne beaucoup de suspense.

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