La dernière conquête du Major Pettigrew – Helen Simonson

pettigrew

Pour ma cinquième et dernière participation au Mois Anglais 2016, j’ai choisi un roman tiré de ma PAL, « La dernière conquête du Major Pettigrew » d’Helen Simonson, qui a beaucoup fait parlé de lui à sa sortie.

Le jour où il apprend le décès de son frère, le Major Pettigrew a pour la première fois une vraie conversation avec Mme Ali, une femme d’origine pakistanaise qui tient l’épicerie du village. Tous deux se rendent compte qu’ils ont de nombreux points communs: ils sont veufs, sont passionnés de littérature anglaise, posent un regard similaire sur l’existence, et ont un humour pince-sans-rire. Tous deux ont également des soucis avec leur famille : le Major souffre de l’attitude de son fils, un jeune loup désinvolte et ingrat, tandis que Mme Ali doit gérer un neveu religieux et taciturne et une belle-famille qui souhaiterait qu’elle arrête de travailler et qu’elle devienne une femme au foyer au service de sa parenté. Leur amitié particulière va faire grincer de nombreuses dents…

HELEN
Helen Simonson

« La dernière conquête du Major Pettigrew » est un roman qui, dans la lignée de cette tradition anglaise, dépeint la vie d’un petit village, un microcosme avec ses personnages hauts en couleur, ses secrets, ses drames, ses haines et ses alliances, comme on peut le trouver dans les intrigues de Miss Marple ou dans « Une place à prendre  » de JK Rowling. Au delà de « l’amour chez les petits vieux » – puisque la romance entre Mme Ali et le Major met quand même plusieurs centaines de pages à s’installer – ce roman pointe du doigt, de façon plutôt humoristique, les préjugés qui règnent de tout côté. Du côté pakistanais comme du côté anglais bon teint, une grande partie des personnages fait preuve de fermeture d’esprit et de préjugés. La belle-famille de Mme Ali est traditionnaliste, voire même obscurantiste, et veut la garder enfermée à la maison tandis que de nombreux habitants du village cumulent blagues douteuses et vision « bon sauvage » des Indiens et des Pakistanais.

Le Major et Mme Ali sont des personnages attachants, le thème du roman est vraiment intéressant – tant sur l’amour chez les seniors que sur les différences culturelles – et le style est efficace, avec plusieurs passages – notamment à travers des réflexions du Major – qui sont très drôles. Cependant, j’ai trouvé que le roman souffrait de longueurs : la relation entre Mme Ali et le Major met énormément de temps à s’installer, et le livre pâtit, à mes yeux, d’une multitude de sous-histoires avec des personnages secondaires, notamment le neveu de Mme Ali et son amie Amina, qui alourdissent et essoufflent l’intrigue. Par conséquent, je n’ai pas totalement accroché à ce roman, qui aurait mérité selon moi d’être raccourci de 50 à 100 pages pour être totalement pertinent.

« La dernière conquête du Major Pettigrew » d’Helen Simonson est un premier roman qui n’est pas vraiment une déception pour moi mais ce livre m’a néanmoins laissé un goût d’inachevé, car l’intrigue se disperse trop. C’est dommage car il y a un vrai potentiel dans ce roman, tant au niveau des thèmes abordés que du traitement des personnages. J’ai vu que l’auteure avait publié récemment un nouveau livre, « L’Eté avant la Guerre », l’occasion peut-être de retenter ma chance avec Helen Simonson.

Publié le 15 mars 2012 aux Editions Nil, traduit par Johan-Frédérik Hel-Guedj, 496 p., en poche chez 10/18.

5e participation au Mois Anglais 2016 organisé par Lou et Cryssilda.

6 thoughts on “La dernière conquête du Major Pettigrew – Helen Simonson

  1. oh je l’ai croisé si souvent en librairie et je voulais l’acheter puis non …
    je vois que ton avis est positif mais pas totalement enthousiaste non plus
    je vais voir si un jour je le croise en librairie car je serai curieuse de le lire (mais là vu mon programme de lecture pas vraiment le temps !)

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