Ordinary People – Diana Evans

« Ordinary People » de Diana Evans est un roman qui a beaucoup fait parler de lui, au Royaume-Uni, mais aussi à sa publication en France, porté par des critiques et un bouche-à-oreille élogieux. Mes camarades de Bibliomaniacs l’ont donc mis à l’affiche de leur podcast littéraire de Novembre, auquel je n’ai exceptionnellement pas participé, mais j’ai quand même lu le livre!

L’auteure nous raconte durant un an (de l’élection d’Obama à la mort de Michael Jackson) l’histoire de deux couples, en fin de trentaine, qui sont ensemble depuis une dizaine d’années, Michael et Melissa, parents de deux enfants, et Damian et Stéphanie, qui en ont trois. Les deux couples sont en crise : problèmes de communication, perte de désir, difficulté à conjuguer ambitions professionnelles et vie de famille…

Diana Evans est sans conteste une écrivaine hors-pair pour décrire et disséquer les émotions et les sentiments de ses personnages : ils sont parfaitement incarnés et je n’ai eu aucune difficulté à les imaginer et à les voir évoluer. Il y a une vraie finesse psychologique dans « Ordinary People », les sentiments, les dialogues, les scènes sonnent très juste. J’ai également apprécié que la musique ait une place importante dans ce livre, avec une playlist de choix et des paroles qui vont écho aux situations que vivent les personnages.

Il n’y a pas de grande intrigue ou de rebondissements incroyables dans ce roman, comme le titre l’indique, les personnages sont des gens ordinaires, que Diana Evans décrit dans leur quotidien, avec des problèmes classiques – je pense que chacun de nous, quelle que soit notre vécu, peut d’ailleurs s’identifier à une ou plusieurs situations. A travers le microcosme de deux couples, l’auteure évoque d’ailleurs de façon plus large le racisme et les questionnements identitaires (les personnages sont noirs ou métis), ainsi que la violence des banlieues…

« Ordinary People » est un roman que j’ai trouvé fin et pertinent et que j’ai vraiment apprécié mais j’ai quand même des bémols : j’ai trouvé que Stéphanie n’était pas assez exploitée – le récit met essentiellement l’accent sur Michael et Melissa, Damian est un peu plus dans l’ombre mais joue quand même un rôle important, mais Stéphanie, qui est finalement le personnage qui est le plus en phase avec sa vie, le plus optimiste, reste à la périphérie du roman, comme si l’auteure voulait se concentrer sur ce qui va mal et mettre de côté les points positifs. La paranoïa de Melissa concernant sa maison m’a également agacée – j’ai bien compris le parallèle entre l’effritement de son couple et le fait que la maison tombe en ruines, mais la place accordée à ces scènes et le côté presque surnaturel du récit lorsque Mélissa se demande si son enfant n’est pas possédée par la petite fille de la précédente propriétaire m’ont semblé superflus.

« Ordinary People » n’est pas un roman qui porte un regard très optimiste et positif sur la vie de couple mais je suis contente de l’avoir lu – cela fait déjà quelques semaines, et il me reste en tête, il est vraiment marquant – et Diana Evans est une auteure très talentueuse dont j’ai hâte de retrouver la plume. 

Publié en Septembre 2019 aux éditions Globe, traduit par Karine Guerre, 377 pages.

23e lecture de la Rentrée Littéraire de Septembre 2019.

L’émission de Novembre du podcast littéraire Bibliomaniacs ici.

8 commentaires sur “Ordinary People – Diana Evans

  1. Le Caribou a mis un temps fou à le lire, l’a apprécié mais pas de coup de coeur. J’avoue en lisant ton billet que tu m’as fait penser à Tessa Hadley (le talent pour disséquer les travers de la vie de couple) mais tu m’as perdu lorsque tu as dit que la mère pensait que sa fille était possédée…. je vais me concentrer sur les romans que j’ai de Tessa

    1. il y a un moment où Melissa se sent très mal dans sa maison, elle remarque que la demeure se dégrade, que sa fille a toujours de la poussière sur les mains, qu’elle boite… et elle se demande si elle n’est pas possédée par la petite fille de l’ancienne propriétaire, qui avait l’air malade et qui était très blanche…

  2. Même si je suis moins enthousiaste que toi, j’ai du mal à l’oublier, ce roman. C’est plutôt bon signe. Moi qui ai un mal fou avec les histoires de couples, j’ai été emballée. Sa façon de décortiquer l’âme des couples est saisissante. Une fine psychologue!

    Comme toi, la paranoïa de Melissa m’a irritée. J’ai compris le parallèle avec l’effritement de son couple, mais je ne trouve pas que l’intrigue est enrichie par ces passages.

    Vivement son prochain roman. J’ai hâte de remettre ça!

    1. je suis tout à fait d’accord avec toi, le côté psychologique est vraiment bien réussi, le livre est marquant, et malgré les bémols, notamment sur la paranoïa, j’ai hâte de lire son prochain roman!

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