Mamie Luger – Benoit Philippon

Cela faisait un certain temps que je voulais lire « Mamie Luger » de Benoit Philippon, et un récent épisode du podcast littéraire Bibliomaniacs a été l’occasion de me plonger enfin dans ce roman.

Berthe, âgée de 102 ans, est arrêtée pour avoir tiré sur son voisin et se retrouve en garde à vue au commissariat, en face de l’inspecteur Ventura. Celui-ci va aller de surprise en surprise lors de l’interrogatoire, puisque la vie (et la cave !) de la petite mamie auvergnate regorge de secrets : durant des décennies, la centenaire a fait preuve d’un sacré tempérament et a réglé à sa manière le compte de ceux qui ont cherché à lui nuire…

Ce livre qui joue avec les codes du roman policier est basé sur une excellente idée : faire d’une vieille dame une redoutable criminelle. Ici, on ne cherche pas la coupable, on la connait déjà. Reste à la faire parler pour obtenir le bon nombre de victimes, leur identité, et les raisons qui ont poussé Berthe à les supprimer, et c’est l’Inspecteur Ventura qui s’y attelle.

« Mamie Luger » est assurément très accessible et distrayant, et pourtant j’ai été déçue par ce livre, pourtant commencé avec un a priori très positif. S’il y a quelques scènes très fortes (dont la fameuse où Berthe va mettre la main sur le Luger), et une belle histoire d’amour, j’ai trouvé que le récit devenait vite lassant, avec toujours le même schéma qui se répète à outrance jusqu’à en devenir artificiel : Berthe passe son temps à se marier, à s’apercevoir qu’elle a épousé un sale type, et à finir par devoir s’en débarrasser. Et la liste des maris est trèèèèès longue (beaucoup trop longue),  maris qui disparaissent du jour au lendemain sans que personne ne réagisse vraiment. On se retrouve avec un catalogue de vices impressionnants : violents, violeurs, menteurs, coureurs de jupon, tortionnaires d’animaux, racistes, tous les hommes croisés dans ce roman sont des salauds, sauf un…le grand amour.

Rien n’est ici très crédible ou subtil, que ce soit l’intrigue, les personnages, ou les références au féminisme. Dommage, l’idée était bonne, mais je n’ai pas été convaincue par le résultat. Mon avis semble cependant être minoritaire, car j’ai entendu beaucoup de bien de « Mamie Luger »… mais pour moi c’est un rendez-vous manqué. 

Publié en 2018 aux Arènes, 450 pages, disponible au Livre de Poche.

Un livre à retrouver à l’affiche du 106e épisode de Bibliomaniacs ici.

7 commentaires sur “Mamie Luger – Benoit Philippon

  1. J’ai bien aimé cette mamie avec une personnalité haute en couleur. Une belle idée, originale et amusante. Mais je suis d’accord avec toi, au bout d’un moment, c’est redondant, d’un crime à l’autre. Et j’ai tiqué également sur le fait que personne autour d’elle ne s’émeuve plus que cela des disparitions permanentes autour d’elle. Donc, comme tu le soulignes, ce n’est pas très crédible. Après, j’ai pris ça comme une totale distraction, rien de plus et si on n’en attend pas grand chose, ça passe plutôt bien.

  2. Coucou!

    J’ai lu ce roman pour une lecture commune et ça a été une déception pour moi…
    Et comme tu le dis, mon avis est aussi très minoritaire.
    Je n’ai pas accroché à la Mamie, j’ai trouvé aussi lassant et redondant tous les meurtres de ces maris qu’elle épouse 1 semaine à peine les avoir rencontrés. Le côté vulgaire de cette Mamie, quand elle était jeune, m’a ennuyé au bout d’un moment. On le sait et on l’a compris, qu’elle a de beau gros nichons bien généreux 😂

    C’est très bien écrit, je n’ai pas de reproche à ce niveau mais je trouve que l’intrigue manque de cohérence, de développement,…

    Bref, je suis complètement passée à côté et ça a valu une panne de lecture après ça pffff une panne qui dure toujours depuis repffff 😞😪

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