La Gouvernante Suédoise – Marie Sizun

Cela faisait plusieurs années que je souhaitais découvrir l’œuvre de Marie Sizun, et j’en ai donc profité pour lire « La Gouvernante Suédoise ».

Inspiré de la propre histoire familiale de l’autrice, ce roman commence en Suède au milieu du XIXe siècle. Leonard Sézeneau est un quadragénaire français qui vit à Stockholm avec son épouse anglaise. Alors que son couple se délite et qu’une procédure de divorce est lancée, il rencontre la jeune Hulda, âgée de dix-sept ans. La jeune Suédoise tombe rapidement enceinte, ce qui précipite le mariage. Mais, entre les enfants, la gestion de la maison, et les déplacements professionnels de son mari, la jeune fille est vite dépassée. Léonard engage alors Livia, une jeune femme suédoise de bonne famille, qui possède l’immense atout de parler un français parfait. Hulda et Livia ont sensiblement le même âge et deviennent proches. La gouvernante devient vite indispensable, et lorsque le couple, qui subit de gros soucis financiers, doit rentrer en France, Livia les suit à Meudon…

Je suis adepte des sagas familiales et des secrets de famille, et j’ai été servie avec cette histoire. A côté, laissez-moi vous dire que « Confessions intimes » et « Y’a que la vérité qui compte » font pâle figure… mais malgré ce qui est raconté, l’atmosphère est assez froide, le style est austère, à la limite du journalistique, ce qui m’a un peu décontenancée, j’imaginais une écriture plus romanesque. Je ne sais pas si c’est coutumier du style de Marie Sizun ou si c’est parce qu’elle voulait raconter ainsi l’histoire de sa famille, avec une certaine distance. En tout cas, l’ambiance de ce livre, essentiellement domestique, était intimiste, et je me représentais les scènes décrites comme des tableaux de Hammershøi.

« La Gouvernante Suédoise » est un beau livre, empreint d’une certaine tristesse, d’un sentiment de solitude, aussi. J’aurais quand même aimé un peu plus de chaleur, pour me sentir plus embarquée que spectatrice. Je tenterais bien un autre roman de Marie Sizun pour me faire une idée plus précise de son style pour une œuvre de pure fiction.
Publié en Août 20156 chez Arléa, en poche chez Folio, 316 pages.

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