Gustave Caillebotte, l’impressionniste inconnu – Stéphanie Chardeau Botteri

J’aime beaucoup Gustave Caillebotte (ah les raboteurs de parquet…) et j’avais envie d’en savoir plus sur sa courte vie – il est décédé à l’âge de 45 ans.

Stéphanie Chardeau-Botteri est l’arrière-petite-fille de Martial, le frère cadet de Gustave Caillebotte dont il était très proche. Sa biographie « Gustave Caillebotte, l’impressionniste inconnu » est organisée de manière chronologique, année après année.
Disons-le franchement, le livre ne semble pas être passé par les mains d’un éditeur et surtout d’un correcteur, une personne qui l’a emprunté à la médiathèque avant moi a d’ailleurs entouré rageusement au crayon à papier toutes les coquilles et incohérences qu’elle a relevées (le pompon étant cette phrase page 227 où l’autrice confond Académie Française et Comédie Française et écrit que la princesse Mathilde était l’épouse de Napoléon III) C’est dommage car l’erreur est humaine et un travail d’édition un tant soit peu sérieux aurait permis d’éviter ce genre de bourde.
Heureusement, la vie de Gustave Caillebotte est assez passionnante pour que j’aie été particulièrement intéressée par cet ouvrage. Au-delà de son talent de peintre, l’homme, fils d’un chef d’entreprise fortuné, est aussi un visionnaire. Très tôt, il est animé de la volonté de structurer, promouvoir le mouvement impressionniste, à l’époque plutôt moqué et décrié, taxé de vulgarité. Il organise des expositions, des ventes aux enchères, achète des œuvres à ses collègues artistes qui ont du mal à joindre les deux bouts …
Mais c’est surtout le désir de légitimité, de postérité, de pérennité qui le meut : dès l’âge de 28 ans, il rédige un testament léguant sa collection impressionniste à l’Etat, à condition qu’elle soit exposée au Musée du Luxembourg… si vous lisez le livre, vous verrez que l’Etat français va pourtant faire la fine bouche (on parle quand même d’œuvres de Cézanne, Degas, Manet, Monet, Pissarro, Sisley, Millet, Renoir et Gavarni- que je ne connais pas …)
Ce que je ne savais pas, c’est que Caillebotte et son frère Martial avaient moult centres d’intérêts en cette deuxième moitié du XIX siècle marquée par la modernité (Gustave est né en 1848 et mort en 1894) Ils faisaient partie des premiers philatélistes et ont même mis en place une manière de classer les timbres. Gustave s’intéressait à l’architecture navale. Quant à son frère, il se passionnait pour la photographie.
Malgré les bémols des nombreuses coquilles, j’ai été embarqué par ce portrait d’un homme éclairé, moderne, précurseur, qui a grandement œuvré à l’aura du courant impressionniste. 

Publié en Mai 2023 chez Fayard, 364 pages.

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