Les Météores – Tommy Redoldi et JC Deveney

Je ne connaissais pas du tout « Les Météores : histoires de ceux qui ne font que passer », roman graphique de Tommy Redolfi et JC Deveney, qui a reçu le Prix Spécial du Jury au Festival d’Angoulême en 2025, et que j’ai lu parce qu’on me l’a conseillé au détour d’une phrase.
Son format « italien » à l’horizontale lui donne un côté très cinématographique, d’ailleurs, j’ai eu souvent l’impression de regarder un film indépendant américain, l’ouvrage étant organisé comme une succession de scènes.
L’histoire se déroule de manière chorale dans une petite ville américaine recouverte de neige, alors qu’une météore pourrait menacer la Terre.
Malgré cette ambiance pré-apocalyptique, on est ici loin des scènes de panique ou des réflexes survivalistes. On y suit une dizaine de personnages, des gens simples, à la vie plutôt banale. Une auxiliaire de vie qui élève seule son fils, adolescent skater et rebelle, et qui rend visite à ses patients âgés ; un géant handicapé mental qui vit avec son tuteur ; des employés d’un magasin AEKI (vous l’avez?) ; les rares clients d’un petit diner familial…
Malgré l’éventualité d’une catastrophe, c’est un quotidien plutôt habituel que l’on observe à travers le dessin minimaliste, les personnages se rendent à leur travail, ils interagissent avec les collègues, les managers, les clients, les figures familières de leur vie… des vies marquées pour la plupart par une solitude certaine – au détour d’une phrase de ces personnages plutôt taiseux, on apprend des drames, des menaces, des familles disloquées ou dysfonctionnelles…même ceux qui mènent en apparence une vie confortable et heureuse peuvent cacher une faille, chez eux ou dans leur tête.
Et pourtant, il y a des rencontres, amicales ou amoureuses, de l’entraide et de la solidarité, des moments de communion autour d’une chorale… même dans des conditions météorologiques, économiques, professionnelles compliquées (ou finalement, à cause?), des relations se créent ou se recréent …
C’est simple, c’est émouvant. C’est beau.
Une magnifique découverte. 
Publié en Octobre 2024 chez Delcourt, 304 pages. 

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