Hélène Gestern est une autrice que j’aime beaucoup et dont j’ai lu quasiment tous les livres. Le dernier sorti, « Atelier 4 », nous met en présence d’un médecin généraliste de Fontainebleau, Irène Dobrynine.
Son univers s’effondre lorsque la police lui apprend le décès de sa sœur cadette, Natacha. Cette jeune mère de famille a été retrouvée morte dans un atelier de l’usine de papier dans laquelle elle était ingénieur chimiste: que faisait-elle en pleine nuit dans cet atelier auquel elle n’était pas censée avoir accès ? Sa mort est-elle un accident, un suicide … un meurtre ? Irène veut découvrir la vérité à tout prix, même si cela implique de s’éloigner de son mari, de compromettre ses propres projets …
Le style d’Hélène Gestern est assez froid, ce qui est habituellement compensé par une intrigue foisonnante. Ici, l’ambiance est particulièrement dure voire plombante. Le livre aborde en effet le thème de la souffrance au travail : harcèlement, burn-out, traitement réservé aux lanceurs d’alerte …Et en sus de l’histoire de Natacha, certains chapitres abordent ce que traversent des patients d’Irène au sein de leur activité professionnelle.
Le livre est dur, violent. J’ai eu l’impression d’être sous une chape de plomb en le lisant. Heureusement qu’il y a dans ce livre un côté polar, suspense, avec l’enquête d’Irène, qui m’a permis de souffler un peu en étant embarquée par l’intrigue.
L’autrice montre bien dans son livre les dommages collatéraux : les familles qui souffrent, se déchirent, éclatent suite à un drame … j’ai cependant regretté qu’il y ait une accumulation voire même un trop-plein de choses horribles qui se passent dans cette entreprise.
Hélène Gestern sort ici de ses schémas habituels (les enquêtes familiales, les documents du passé, les secrets…) pour une intrigue plus ancrée dans l’actualité et une ambiance lourde et terrible.
Publié chez Grasset en Mars 2026, 288 pages.



