La Vérité sur l’Affaire Harry Québert – Joël Dicker

Afficher l'image d'origine
5 coeurs
Comme des millions de Français, j’avais lu à sa sortie- et beaucoup aimé – « La Vérité sur L’Affaire Harry Québert » de Joël Dicker, et la parution du nouveau roman de l’auteur, « Le Livre des Baltimore », m’a donné envie de relire le précédent, puisque ces deux livres ont en commun le même personnage principal, l’écrivain Marcus Goldman.

Marcus Goldman est un jeune écrivain qui a connu un grand succès avec son premier roman, deux ans plus tôt. Depuis, il est taraudé par l’angoisse de la page blanche, alors qu’il est censé rendre son deuxième livre, dont il n’a pas écrit une ligne, dans quelques mois à son éditeur. Alors qu’il séjourne dans la petite ville d’Aurora, dans le New Hampshire, chez son ancien professeur d’université et mentor, le célèbre écrivain Harry Québert, il découvre que celui-ci a eu une liaison en 1975 avec une jeune fille de quinze ans, Nola, alors que lui-même en avait trente-quatre. Harry lui raconte alors que Nola a brusquement disparu le soir-même où ils avaient rendez-vous pour s’enfuir tous les deux au Canada et n’a plus jamais réapparu. Quelques semaines plus tard, Marcus apprend que suite à des travaux, le cadavre de Nola vient d’être retrouvé enterré dans le jardin d’Harry Québert…
 .
Afficher l'image d'origine
Joël Dicker
Cette relecture, 3 ans après, m’a fait remarquer des choses que j’avais occultées lors de ma première lecture. Alors, oui, ce n’est pas de la grande écriture et les dialogues ne sont clairement pas une réussite. Et pourtant…comme il y a trois ans, la magie a encore une fois opéré sur moi et j’ai de nouveau dévoré ce roman, alors que je me rappelais plutôt bien de l’intrigue et de ses multiples rebondissements. Dans « La Vérité sur l’Affaire Harry Québert », il y a tout ce que j’aime : une liaison interdite, une relation mentor-protégé, deux volets de l’intrigue avec trente ans d’intervalle, une peinture du monde littéraire américain, des crimes, des faux-semblants, des impostures, de la jalousie, le tout dans un microcosme où tout le monde se connait…
 .
.
J’ai lu tellement de thrillers bancals, mal fichus, ennuyeux, plein d’incohérences que je dois dire que celui-ci – car même s’il ne peut pas être considéré à 100% comme un thriller, c’est quand même un whodunnit avec la résolution de deux crimes : qui a tué Nola Kerrigan et la petite dame qui avait prévenu la police qu’une jeune fille était poursuivie dans les bois? – est très bien construit et diablement efficace, malgré tous ses défauts. Car soyons sincère, la mère de Marcus est une grosse caricature de yiddish mama à laquelle je n’ai pas du tout cru, Nola dans ses paroles et dans ses lettres, est d’une cucuterie bien éloignée de la jeune fille fatale qu’elle est censée être, et les dialogues sonnent souvent très faux.
 .
Malgré cela, j’ai aimé l’ambiance de cette petite ville, très Twin Peaks du New Hampshire, et la relation entre Marcus Goldman et Harry Québert. Quant au récit, qui jongle entre récit sur la création littéraire – processus d’écriture, page blanche, pression de l’éditeur et coup marketing, gestion du succès, dialogue entre l’écrivain expérimenté et l’auteur junior – et intrigue policière, il est très bien maîtrisé, et l’histoire est haletante. Joël Dicker n’a pas une plume élégante, n’est pas un bon dialoguiste, mais c’est un excellent story-teller ; il raconte les histoires à merveille, et cela a totalement fonctionné sur moi.
 .
Alors, « La Vérité sur l’Affaire Harry Québert » de Joël Dicker est-il un bon roman? Ce n’est pas de la grande littérature – et il ne faut surtout pas le voir comme tel – mais c’est un roman passionnant, que j’ai dévoré, et un excellent thriller. C’est un roman qui m’a manqué quand je l’ai terminé, et qui m’a vraiment donné envie de lire au plus vite « Le Livre des Baltimore », donc à mes yeux, c’est une réussite.
 ..

Publié le 19 Septembre 2012 aux Editions de Fallois, 672 pages, en poche chez Fallois poche.

Participation avec ce titre au Challenge Goncourt des Lycéens organisé par Enna

.

11 commentaires sur “La Vérité sur l’Affaire Harry Québert – Joël Dicker

  1. @Joelle : je viens de le finir, il sera en ligne d'ici quelques jours
    @Coralie : "ceci n'est pas un commentaire " 😉
    @Noukette : parfait en pavé pour la plage !
    @Tant qu'il y aura des livres : le prix de l'Académie je n'ai pas compris…le Goncourt des Lycéens si car je pense qu'il a tout pour plaire à des lycéens
    @Delphine : bon ben c'est clair 😉
    @Moglug : hop un livre de moins dans ta Pal 😉
    @Mior : je sais que tu l'as adorê Mior 😉

  2. Je relis votre billet, qui m'avait incitée à lire ce roman, et je constate que vous écrivez- mieux que je ne l'aurais fait ! – exactement tout ce que je ressens.Oui, ce livre a quelques défauts, oui, j'ai lu des thrillers mieux écrits, mais celui-ci a un charme fou ! Si on l'a ouvert, impossible de le lâcher, et la lecture finie, on continue à vivre avec ses personnages. J'ai ADORÉ ce roman, merci d'en avoir aussi bien parlé.

  3. J'ai beaucoup aimé ce roman, je me suis laisser prendre au jeu de cette histoire bien construite (je pense que si on ne lui avait pas attribué le Prix de l'Académie Française, les critiques auraient été moins acerbes car c'est avant tout un bon page turner (je reprends les expressions entendues aux Bibliomaniacs 😉 Je suis contente de lire ton billet car je vais bientôt lire le suivant et tu me rafraîchi la mémoire (au fait, moi, la caricature de la mère juive m'a beaucoup fait rire, mais je l'ai lu en audio alors peut-être que ça joue 😉

  4. @ Enna : exactement! c'est le Prix de l'Académie Française qui a été la goutte d'eau de trop…mais oui c'est un excellent page turner ! (quant à la mère juive, peut-être que bien interprétée en audio ça passe beaucoup mieux…)

    @Anonyme : très contente de vous avoir convaincue et que ce livre vous ait fait passer un excellent moment 🙂 (et vos commentaires me font toujours plaisir :))

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *