Scipion – Pablo Casacuberta

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C’est dans le cadre du Prix du Meilleur Romans des Lecteurs Points que j’ai eu l’occasion de lire…mon premier roman uruguayen ! Il n’en faut pas plus pour me réjouir, même si j’ai trouvé ce livre aussi plaisant que bancal…

L’idée de départ est intéressante : deux ans après la mort de son père qui était un historien reconnu, spécialiste de l’Antiquité, Anibal Brener apprend qu’il va finalement hériter de trois boîtes : celles-ci contiennent, entre autres, les journaux intimes du père et son testament, qui donne à Anibal la maison familiale et des droits d’auteur de son père. Cela représente une somme considérable pour l’homme de 37 ans qui a du mal à donner du sens à sa vie, que ce soit sur le plan amoureux, professionnel ou financier,  et qui s’est toujours senti écrasé par l’ombre paternelle,  Mais cet héritage est conditionné au fait qu’il publie un ouvrage d’histoire contemporaine de plus de cinq cents pages dans une maison d’édition prestigieuse… Heureusement, l’avocat en charge du testament a la solution : Anibal va écrire un livre sur le grand-père de l’épouse de l’homme de loi, un célèbre philanthrope.
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Pablo Casacuberta

J’ai trouvé que le livre mettait longtemps à décoller – une grosse centaine de pages avant que je me sente vraiment entrée dans le roman, j’ai en effet trouvé que tout l’épisode se passant dan la maison familiale et dans le cabinet d’avocat patinait un peu. Pourtant le personnage d’Anibal est attachant, et « Scipion » pose des questions intéressantes sur les relations père-fils, sur l’hérédité, sur les difficultés à trouver sa voie lorsque l’on a un père qui est une sommité dans son domaine. Anibal ne manque pas d’humour et d’auto-dérision, et il y a un ton décalé, un côté absurde très anglais dans ce roman pourtant sud-américain. Puisqu’il a accepté la proposition de l’avocat, Anibal est invité dans la maison de celui-ci afin de prendre connaissance des archives du grand-père philanthrope : bien sûr, rien ne va se passer comme prévu, et Anibal va se retrouver confronté à toute une galerie de personnages décalés et à des péripéties en série. Anibal est le genre de « beautiful loser » qui se retrouve gros-jean comme devant quand il pense être plus malin que les autres et maîtriser la situation – comme lorsqu’il oriente sa petite amie vers un sujet de dissertation improbable quand elle postule pour une bourse d’études – mais qui paradoxalement, lorsqu’il est confronté à  l’adversité, peut réussir à enfin trouver sa voie. Lui qui pensait que le testament de son père était encore un moyen de le mépriser et de le rabaisser, va vivre une série d’aventures qui va lui permettre de faire la paix avec lui-même, mais aussi avec son père, et l’aider à se réapproprier son histoire et sa vie.

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Mais j’ai encore connu une baisse de régime lors du séjour dans la maison de l’avocat, et surtout avec l’épisode de l’inondation, que j’ai trouvé beaucoup trop long, quasiment interminable…J’ai failli reposer « Scipion » mais heureusement que j’ai persévéré car toute la dernière partie est à la fois belle et passionnante, et rattrape aisément les moments d’ennuis qui l’ont précédée. Il me reste de ce livre une impression globalement positive tant pour l’idée générale et le personnage principal que pour la fin du roman, qui m’a beaucoup plu, mais aussi le sentiment d’un livre inégal, alternant passages à vide et très beaux moments.
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« Scipion » de Pablo Casacuberta est donc un curieux roman, que j’ai failli abandonner plusieurs fois mais qui, malgré son côté bancal, possède un charme certain. C’était le premier roman de Casacuberta que je lisais, et j’aimerais bien en lire un autre, en espérant qu’il m’intéresse de façon plus constante.

Publié le 15 janvier 2015 chez Métailié, traduit par François Gaudry, 261 pages, en poche chez Points

15 commentaires sur “Scipion – Pablo Casacuberta

  1. j'ai cherché le nombre de pages et je m'interroge : car sur 500 ou 600 pages, qu'il mette du temps à décoller, et qu'il y ait des parties inégales, ok mais sur 261 pages .. en même temps, tu as aussi vraiment aimé le personnage ! Bref, tu me tentes, je le note !

  2. Bon. J'avais lu beaucoup d'éloges sur ce roman… dans lequel je n'ai pas réussi à rentrer. Je n'ai pas persévéré, comme toi. Peut-être aurais-je dû. Mais ça me rassure un peu de voir que tu l'as trouvé inégal.

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