La vie sans histoire de James Castle – Luc Vezin

Le James Castle du titre a réellement existé : le narrateur en entend parler par hasard, alors qu’il est aux Etats-Unis et discute dans un bar avec un artiste américain d’origine japonaise (dont la vie pourrait également faire l’objet un roman!).

Né en 1899, prématuré après que sa mère a lutté toute une nuit contre l’incendie qui ravage sa grange, James est sourd. L’une de ses sœurs souffre d’ailleurs du même handicap, mais, contrairement à James, elle n’est pas sourde de naissance mais suite à une rougeole attrapée à l’âge de huit ans.

James est un personnage bien mystérieux : il n’entend pas, ne parle pas, et l’on ne sait pas vraiment s’il a appris à lire et à écrire durant les cinq années qu’il a passées dans un pensionnat pour sourds-muets. A-t-il un retard mental, est-il autiste? Nul n’a réponse à ces questions. Toujours est-il que dès son plus jeune âge, il dessine frénétiquement, sur des matériaux de récupérations, comme de vieux cartons, et avec une technique qui lui est propre, faite notamment de salive et de suie.

En-dehors de ses années de pensionnat, James Castle passera toute sa vie enfermé dans la ferme familiale de l’Idaho, à dessiner, peindre, coller, sculpter. Il connaîtra une notoriété tardive, dans les années 60, lorsque l’un de ses neveux, étudiant en art, présente quelques-uns de ses œuvres à ses professeurs, ce qui entraînera une rétrospective et une certaine médiatisation.

« La vie sans histoire de James Castle » est une biographie romancée de l’artiste, qualifié de « peintre primitif »: c’est le portrait d’un homme énigmatique, enfermé en lui-même, pour qui l’art est la seule façon de s’exprimer, que brosse Luc Vézin à travers les témoignages fictifs de son entourage.

Le livre est un peu aride, et il est difficile de se faire une idée précise de la personnalité de James Castle, qui restera toute sa vie un mystère, même pour ses proches, mais le livre est bien écrit,  c’est une histoire typiquement américaine (l’auteur fait d’ailleurs plusieurs fois référence à Faulkner), que j’ai lue avec grand intérêt.

Publié en Août 2022 chez Arlea, 224 pages.

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