Né d’aucune femme – Franck Bouysse

Franck Bouysse est un auteur que j’avais envie de découvrir depuis longtemps (j’avais notamment eu de très bons échos de « Glaise ») et j’ai donc été ravie de recevoir son dernier roman « Né d’aucune femme » dans la sélection d’Avril du Prix ELLE – c’est d’ailleurs avec cet ouvrage que j’ai conclu les 29 lectures de cette aventure…

Un prêtre récupère un carnet ayant été écrit par une femme enfermée dans un asile d’aliénées. Il y découvre le récit de Rose. Alors qu’elle n’a que quatorze ans, son père Onésime la vend à un châtelain. L’adolescente pense d’abord qu’elle a été engagée pour être la domestique de la demeure mais découvre rapidement l’usage que veulent faire d’elle le châtelain et sa mère…et c’est une véritable descente aux enfers qu’elle va subir…

J’avais entendu beaucoup de bien de ce roman, qui a été un coup de cœur pour de nombreux blogueurs. Si j’ai apprécié cette lecture, je n’ai pas non plus été totalement convaincue par « Né d’aucune femme ». Je ne cache pas que j’ai dévoré ce livre : le récit est très romanesque, très bien écrit – le style de Franck Bouysse m’a vraiment plu – et je me suis immédiatement attachée à Rose, trahie par tous, victime de la perversion, de la soumission ou du manque  de dignité des gens qui l’entourent, mais qui fait preuve de courage, n’abandonne pas, et essaie coûte que coûte de s’en sortir. L’amour est également présent dans ce livre, une facette que j’ai vraiment appréciée – l’amour maternel, mais aussi  une histoire d’amour qui éclot comme une fleur sortirait du fumier…j’ai donc été emportée par ce récit que j’ai lu très vite, j’avais envie de savoir ce qui allait arriver à Rose, et comment cet ouvrage allait se finir.

En revanche, j’ai trouvé que le récit pâtissait de sa construction : l’intervention du prêtre dans le récit m’a semblé artificielle, et elle limite également le suspense. Dès le début du livre on sait qu’il est arrivé des choses horribles à Rose : la première partie n’était donc pas vraiment une surprise, je me doutais très fortement de ce qu’allait subir l’adolescente. Quant à la seconde partie, elle comporte deux twists…que j’ai également vu arriver à des kilomètres. De plus, certaines scènes sont vraiment gore, à la limite du récit d’horreur, et m’ont semblé un brin exagérées : le destin de Rose était déjà bien assez horrible, y avait-il vraiment besoin d’en rajouter ?

Mon avis sur « Né d’aucune femme » est donc mitigé, mais mon impression reste cependant assez positive pour avoir envie de lire d’autres romans de Franck Bouysse : j’ai aimé l’atmosphère du roman, son sens du romanesque et son style d’écriture, et je suis curieuse de voir ce que ces qualités peuvent donner dans un autre contexte, et avec une autre construction…

Publié en Janvier 2019 à la Manufacture de Livres, 334 pages.

16e lecture de la Rentrée de Janvier 2019.

 

27 commentaires sur “Né d’aucune femme – Franck Bouysse

  1. Je crois que ce sont les premiers bémols que je lis sur ce titre. J’ai beaucoup aimé Grossir le ciel et Plateau, de cet auteur, malgré sa légère tendance à des envolées lyriques que je ne trouve pas toujours adaptées à ses récits. Glaise est dans ma PAL, et la lecture de celui-là suivra sûrement..

  2. Les scènes horribles, ça me freine terriblement, d’autant que j’avais déjà trouvé une tendance à la surenchère (mais pas dans l’horreur, « juste » dans la noirceur) dans un précédent roman, Plateau.

  3. j’adore te lire car tu as plus souvent que les autres un avis mitigé ! et tes bémols sont souvent les mêmes que les miens (pourquoi surenchérir dans l’horreur par exemple)

    je n’ai pas encore lu cet auteur, j’ai son premier roman dans ma PAL – un jour, sans doute.. mais là j’ai de quoi faire pour un petit bout de temps !

  4. Comme plusieurs, j’ai beaucoup aimé. Quelques bémols, mais différents des tiens. Ça fait du bien de lire un avis à contre-courant!
    Reste que pour moi, « Grossir le ciel » demeure LE Bouysse que j’ai préféré!

  5. J ai cru aussi mais étant une femme ayant subit la cruauté des autres en.lisant ce roman.si cette femme parvient à se relever et à ressentir encore des sentiments sans haines ni cruauté envers ce destin on lui inflige ..je peux continuer aussi..merci a l ecrivant pour son excellente construction des personnages même le personnage prete aide a souffler et a supporter l un peu car le récit de rose est parfois difficil psychologiquement i.insoutenable …je ne dirais que je l ai lu en 24h non stop.
    . je vais le relire avec plus de calme une deuxième fois tant les mots le vocabulaire et surtout trame sont des chefs d oruvres..Rose personnage qui je me demande si elle n a pas exister ?.enfin un bon récit.bravo

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