« Le Voleur de Cahiers » de Gianni Solla commence en 1942 dans le village italien de Tora e Piccilli. Davide est un adolescent boiteux, malmené par son père, qui garde les cochons. Illettré, comme la plupart des habitants du village, il est fasciné par l’écriture, qu’il tente de pratiquer sur les cahiers qu’il vole au marché, grâce à ce que lui enseigne sa seule amie, Teresa.
Un jour, un car avec une trentaine de Juifs débarque au village. Parmi eux, Nicolas, qui a peu ou prou le même âge que Davide et Teresa. Le garçon est beau, intelligent, cultivé et passionné par le théâtre. Auprès de lui et de son père, Davide apprend vraiment à lire et à écrire…
J’aime la littérature italienne donc je pensais bien que ce livre allait me plaire mais je m’attendais à une histoire plutôt convenue, mi-terroir mi-Seconde Guerre mondiale, autour d’un triangle amoureux … en vrai il n’en est rien et j’ai adoré cet ouvrage !
Au-delà d’un récit initiatique, c’est une histoire d’amitié très forte que nous raconte Gianni Solla. Davide et Nicolas sont aux antipodes l’un de l’autre : plus qu’une différence de religion, c’est surtout une différence de milieu social, rat des villes et rat des champs. Mais la guerre est un vecteur qui brouille les trajectoires et les destinées de Davide et Nicolas vont non seulement se croiser mais se mêler, jusqu’au chimérisme.
Cette amitié masculine est très belle, très bien écrite, il y a quelque chose de poétique, quasi biblique dans ce roman. C’est un livre qui m’a surprise, touchée, émue. Une très belle découverte !
Publié en Février 2026 chez Albin Michel, traduit par Lise Caillat, 320 pages.



