Mon centième billet: Samuel Tillerman- Cynthia Voigt

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Pour mon centième billet, j’ai décidé de vous présenter un livre jeunesse qui a été pour moi un énorme coup de cœur.Qu’il est bon de relire un livre qui vous a fortement marqué quand vous aviez dix ans, et vingt ans après ressentir exactement le même plaisir !

Samuel Tillerman est un livre « pour enfants » -il est publié chez Castor Poche- mais pourrait sans problème sortir dans une maison d’édition pour adulte. C’est un des huit romans du cycle des « Enfants Tillerman » de Cynthia Voigt, tous formidables, et qui a une place particulière dans la série, puisque ce récit précède les autres de près de quinze ans. Comme tous les livres de Cynthia Voigt, il est admirablement bien écrit, avec une plume sensible et des personnages extrêmement bien incarnés.

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En 1967, dans un contexte de guerre au Vietnam et de tensions raciales, Samuel Tillerman, dit Cougar, est un lycéen américain solitaire et taciturne. Son frère et sa sœur se sont enfuis de la maison, le premier grâce à une bourse d’université, la deuxième avec son petit ami, et il se retrouve seul avec un père tyrannique et une mère qui ne donnera jamais tort à son mari. Son seul plaisir est de courir, quinze kilomètres tous les soirs- il est d’ailleurs champion d’état de cross-country. Ni rejeté ni vraiment accepté par ses camarades, il aime la solitude, et la recherche. La seule personne dont il est proche est Patrice, un pêcheur français pour qui il travaille les soirs et week ends. L’arrivée au lycée de Tamer Ships, un jeune homme noir qui souhaite faire du cross country, va provoquer une onde de choc, dans l’établissement scolaire comme dans la vie de Samuel.
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La grande force de Cynthia Voigt est d’arriver à rendre attachant un jeune homme qui au premier abord ne semble pas vraiment sympathique. Samuel ne cherche pas à se lier aux autres, est bourré de préjugés racistes, parle très peu- l’intérêt du récit réside d’ailleurs beaucoup dans les pensées de Samuel auxquelles on a accès puisqu’il répond plus dans sa tête qu’à l’oral. Pourtant, comme le souligne la traductrice dans la préface, si Samuel est exigeant avec les autres, il l’est également avec lui-même. C’est un jeune homme de principes, qui est plutôt contemplatif au lycée, mais n’hésite pas à intervenir lorsque la situation dégénère, même si ses idées ne sont pas forcément très éloignées de celles des assaillants. Il y a également de très belles pages sur le plaisir solitaire de la course, et les diverses atmosphères-les entraînements, la vie à la maison, la vie au lycée, sont très bien rendues par Cynthia Voigt.
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Même si « Samuel Tillerman » n’est pas foncièrement un roman triste, il est empli d’une douce tristesse: tristesse d’un foyer que les enfants ont déserté, tristesse d’une période où l’avenir des jeunes hommes est de partir au Vietnam. Mais c’est aussi un livre sur la capacité d’une jeune homme à changer, à s’ouvrir, à aider. »Samuel Tillerman » est un beau roman, sensible et marquant, qui résiste au passage du temps.

Publié chez Castor Poche Senior en 1993, 344 pages

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C’est ma contribution au challenge de Miss Leo « Le Mélange des Genres » dans la catégorie roman jeunesse.

11 commentaires sur “Mon centième billet: Samuel Tillerman- Cynthia Voigt

  1. Bonjour !
    Je découvre ton blog via le Mélange des genres et je ne peux m'empêcher de commenter ton magnifique billet. Moi aussi, j'ai grandi avec la saga des enfants Tillerman que j'ai lu, lu et relu des dizaines de fois. Je ne me souviens plus vraiment de Samuel Tillerman mais j'avais une passion toute particulière pour "Le Héron bleu" … Que de beaux souvenirs dont tu définis très bien la 'douce tristesse' !

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