L’ours est un écrivain comme les autres – William Kotzwinkle

3 coeurs
imageJ’ai découvert « L’ours est un écrivain comme les autres » de William Kotzwinkle car sa traductrice n’est autre que la soeur de ma copine/collègue bibliomaniaque Coralie.
Si le roman vient de paraître en France, il a été publié aux Etats-Unis en 1996. C’est l’histoire d’un ours qui découvre un jour dans les bois une mallette avec un manuscrit à l’intérieur. Il se rend à New York pour proposer le texte à l’édition: le roman a un succès phénoménal et l’Ours, rebaptisé Dan Flakes, devient la coqueluche du milieu littéraire et fait la tournée des talk-shows. Pendant ce temps, Arthur Bramhall, le vrai auteur du roman, désespéré par la perte de son manuscrit, a un comportement de plus en plus animal…
William Kotzwinkle
Je ne suis pas une grande adepte de l’absurde, mais sur ce créneau, ce roman s’en sort admirablement bien. Absurde car personne ne s’aperçoit que l’ours…est un ours, et celui-ci parle, même si c’est de façon très laconique. D’ailleurs ses réponses rudimentaires sonnent aux oreilles de ses interlocuteurs comme de la grande philosophie, et il est bientôt reconnu comme un esprit acéré, tandis que les femmes se pâment devant sa virilité. Quiproquos, pensées de l’ours, comique de situation, collection de personnages aux petits oignons…le texte est enlevé, et tout en faisant une critique acerbe du monde de l’édition américain et de l’entertainment en général, donne de nombreuses occasions de sourire franchement.
L’Ours est une sorte de Forrest Gump animal traverse toutes les situations avec candeur, celles-ci se retournant toujours à son avantage, et qui, de sphères en sphères, arrive au sommet de la reconnaissance. Il est le révélateur de la personnalité de ses interlocuteurs, qui malheureusement pour eux, ne se montrent pas sous leur meilleur jour. En parallèle, on suit également la déchéance du vrai auteur du best-seller, à qui l’ours a volé le manuscrit, et qui tente désespérément de retrouver l’inspiration. Je me suis moins attachée à ces parties du livre, plus tragiques: Arthur Bramhall plonge petit à petit dans une dépression qui le fait changer de comportement, changer de physionomie, et tendre plus vers l’animal que vers l’humain. Comme si un humain devait s’éteindre pour qu’un ours s’éveille en tant que personne.
C’est un roman poil à gratter très plaisant à lire. Mon seul vrai bémol sera la couverture du livre, pour laquelle je suis partagée entre fascination et répulsion! La couverture américaine fait moins mal aux yeux, même si elle est aussi moins originale (Mais il semble que je n’aie pas bon goût en matière de couvertures, dixit mes collègues de Bibliomaniacs…)
Merci à Chiara des éditions Cambourakis! 
 
24e contribution donc 4% atteints pour le Challenge 1% Rentrée Littéraire 2014 organisé par Hérisson.
challenge 1% 2014

11 commentaires sur “L’ours est un écrivain comme les autres – William Kotzwinkle

  1. J'aime bien la couverture américaine, mais au début en la voyant, j'ai cru qu'il s'agissait d'une BD^^
    J'aime beaucoup l'absurde, j'essaierai de trouver celui-là, merci pour ton avis, c'est la première fois que j'en entends parler.

  2. J'adore cette couverture… C'est drôle car au travail il traînait sur mon bureau il y a quelques semaines et deux collègues sont venues et m'ont dit "ah tu lis ça ? je crois que je vais l'acheter juste pour la couverture ." Je leur ai fait part de ton avis très mitigé sur ce point. Apparemment avis très très partagés, donc ! J'ai aussi trouvé les parties avec l'écrivain moins intéressantes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *