Rassemblez-vous en mon nom – Maya Angelou

L’an dernier, j’avais découvert Maya Angelou avec le premier tome de ses récits autobiographiques,  » Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage », qui retraçait l’enfance et l’adolescence de l’intellectuelle afro-américaine. « Rassemblez-vous en mon nom » est la suite, qui débute là où se termine le volume précédent, alors que Maya est une mère célibataire de dix-sept ans, et qui se déroule sur une période de deux ans. Je conseille d’ailleurs de lire ces mémoires dans l’ordre, et donc de commencer par « Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage » pour bien comprendre l’histoire et le cheminement de l’autrice.

Ce deuxième tome, qui n’est pas un recueil de souvenirs mais un récit autobiographique écrit de façon fluide et chronologique (et que j’ai d’ailleurs trouvé plus accessible que le premier tome), nous montre une Maya – qui se fait d’ailleurs appeler Rita à l’époque – pleine d’énergie et d’imagination pour gagner sa vie, n’hésitant pas à déménager, son enfant sous le bras, et à se réinventer. Le livre est d’ailleurs essentiellement centré sur Maya, devenue une jeune fille indépendante qui mène sa vie hors du foyer familial – au contraire du premier tome qui parlait beaucoup de sa famille : si le grand-père, la mère et le frère restent présents en pointillés, on ne croise pas le père dans ce livre, et la grand-mère fait son apparition dans un seul épisode (au demeurant très marquant).

Maya Angelou trace le portrait sans concession de la jeune fille qu’elle était à l’époque, culottée, mais aussi fragilisée par sa naïveté et sa recherche de l’amour et qui se retrouve régulièrement dans des situations impossibles et illégales qui la mettent, elle et son fils, en danger. « Rita » est travailleuse, elle devient cuisinière dans des restaurants, serveuse, danseuse, postule pour entrer dans l’armée…mais a une fâcheuse tendance à prendre les mauvaises décisions – elle devient par exemple mère maquerelle d’un couple de lesbiennes (!?) – , et à tomber amoureuse d’hommes qui ne lui veulent pas que du bien, le pire étant celui qui lui demande de se prostituer – ce qu’elle accepte par amour pour lui.

Comme dans le premier tome, l’univers décrit est presque exclusivement noir – les Blancs sont d’ailleurs synonymes de problèmes potentiels et on les évite soigneusement. Le seul endroit où Maya est confrontée à des Blanches est dans un magasin près de chez sa grand-mère, où elle oublie à qui elle s’adresse, un épisode qui manque de dégénérer et qui suscite le courroux et l’inquiétude de sa grand-mère…et un départ précipité.

Ces quelques années montrent une jeune femme pleine d’allant et de résilience, mais un peu paumée et surtout, qui s’éloigne de ses possibilités intellectuelles dans sa recherche de stabilité et d’un certain niveau de vie pour élever son fils  : Maya est en effet une jeune fille éduquée, qui est allée au lycée, qui aime lire, qui parle couramment espagnol… mais qui s’enferre dans les petits boulots et les activités illégales. Ce qui donne vraiment envie de découvrir les tomes suivants, pour comprendre comment elle est devenue cette poétesse et intellectuelle reconnue.

Un récit passionnant, que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt et de plaisir ! 

Publié en Août 2020 aux éditions Noir sur Blanc, traduit par Christiane Besse, 266 pages.

Merci à l’agence La Bande !

2e lecture de la Rentrée Littéraire de Septembre 2020.

 

4 commentaires sur “Rassemblez-vous en mon nom – Maya Angelou

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