Le Chardonneret – Donna Tartt

4 coeurs
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C’était le livre attendu comme le messie , Donna Tartt ne publiant que tous les dix ans. J’avais aimé « Le Maitre des Illusions »- j’ai lu également « Le petit copain » mais je ne m’en souviens absolument pas, à part de ma déception, et je prévois de le relire bientôt.

Dans « Le Chardonneret », qui vient d’être couronné du Prix Pulitzer, la mère de Théo Decker est convoquée au collège de son fils. Elle en profite pour s’arrêter avec lui voir une exposition d’art flamand. Alors que Theo repère une jeune fille rousse de son âge qui lui plait, une bombe explose dans le musée. Theo se retrouve brutalement privé de mère et en possession du Chardonneret, un tableau qu’il a ramassé dans les décombres.
Donna Tartt

Et encore un héros solitaire ! Je ne pouvais donc qu’accrocher à ce roman initiatique qui se déroule sur une quinzaine d’années. J’ai été extrêmement touchée par la solitude de Théo, notamment pendant la période où il a quitté New York et vit dans une maison isolée de Vegas avec son père joueur qui cherche à profiter de lui, et sa belle-mère indifférente et vulgaire. Sa rencontre avec Boris, qui a déjà tout vécu à quinze ans, leur cohabitation sauvage, leur solidarité ont été également pour moi un très beau moment du livre. Théo est un personnage attachant, qui ne prend pas toujours les bonnes décisions, et n’est pas forcément d’une honnêteté à toute épreuve, mais qui n’est jamais motivé par de mauvaises raisons.

J’ai moins été intéressée par la partie concernant le tableau, et notamment par le passage situé à Amsterdam, ce que la quatrième de couverture qualifie de « thriller », et où j’ai peu ou prou décroché pendant quelques pages. Pour moi le Chardonneret est plus une métaphore d’un fardeau que l’on traîne durant toute sa vie: pris sur un coup de tête, c’est une épée de Damoclès qui plane sur Théo, une ombre qui le suit pendant des années, sans qu’il en profite vraiment. Le Chardonneret c’est l’emblème de la mort de sa mère, de sa culpabilité (si sa mère était au musée, c’est parce que c’était sur le chemin du collège où elle était convoquée par sa faute), de sa nouvelle vie, de sa rencontre avec son grand amour Pippa, de l’élément déclencheur de sa rencontre avec Hobie qui sera comme un père de substitution et son futur associé.
Le roman de Donna Tartt est à la fois triste et plein d’espoir : triste car la vie de Théo est cabossée, au niveau familial, sentimental et physique, mais tout au long du livre, il y aura des gens pour lui tendre la main, que ce soit la famille Barbour, Hobie ou même Boris ,dans un genre plus folklorique.  C’est donc un livre contrasté, que j’ai eu du mal à lâcher (à part le fameux passage hollandais) et dont le personnage principal continue de me hanter.
Le Chardonneret est à l’affiche de la session 4 de Bibliomaniacs, bientôt en ligne.Publié le 9 Janvier 2014 aux Editions Plon, traduit par Edith Soonckindt, 795 pages.

6 commentaires sur “Le Chardonneret – Donna Tartt

  1. avec Keisha tu es l'une des seules vraiment enthousiastes sur le Chardonneret, j'en connais pas mal qui l'ont abandonné et d'autres qui y ont trouvé trop de drogues, trop de désespoir, trop de longueur. Je vais donc commencé par le maître des Illusions et si j'accroche, je tenterais celui-ci en poche après .

    1. il y a clairement des longueurs, et le passage "thriller" m'a saoulée…mais j'ai quand même beaucoup aimé. Le Maitre des Illusions est très différent, donc le fait que tu aimes l'un ne voudra peut-être pas dire que tu vas aimer l'autre…

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