La Destruction du Parthénon – Christos Chryssopoulos

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Malgré mes bonnes résolutions, je n’ai pas lu beaucoup de romans grecs en 2016 : un roman policier de Petros Markaris et « Psychikos » de Paul Nirvanas. En tombant par hasard sur « La Destruction du Parthénon » de Christos Chryssopoulos, j’étais donc ravie d’en lire un troisième. Las, ce ne sera pas ma lecture de l’année.

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Christos Chryssopoulos

L’auteur imagine qu’un beau jour, un homme fait sauter le Parthénon. La construction du roman est assez déroutante, au début, avec l’interrogatoire, j’ai pensé que le livre raconterait une histoire se déroulant lors d’une dictature, comme dans « Z » de Vassilis Vassilikos, ou que ce serait un roman dystopique mais pas du tout. Le coupable n’est pas non plus relié à une organisation terroriste, il se réclame d’un courant surréaliste grec dont l’un des membres proclamait en 1944, « Il faut faire sauter l’Acropole! ». L’homme déplore l’attachement excessif des Grecs à leur passé glorieux – la Grèce est en effet essentiellement connue pour son rayonnement lors de l’Antiquité et visitée pour ses vestiges, dont le Parthénon, 2500 ans après sa construction, est le symbole. L’homme veut faire table rase de ce qui, à ses yeux, retient les Grecs d’avancer, écrasés par une culture dont ils n’arrivent pas à s’affranchir pour se concentrer sur leurs problèmes actuels. Ils sont figés dans le passé, une période positive et flatteuse, et ont du mal à se détacher de cette culture millénaire pour traiter le marasme politique et économique auquel ils font aujourd’hui face. Le roman nous dirige ensuite vers l’homme qui en 1944 déjà voulait détruire le Parthénon, l’intellectuel grec Yorgos Markis qui se suicida en 1968 en sautant de son immeuble.

Le sujet de « La Destruction du  Parthénon » est bien sûr extrêmement intéressant et génère de la réflexion et du questionnement : il traite évidemment de la Grèce, mais le propos est valable pour la plupart des pays européens,  ont tendance à mettre en avant leur passé et leur culture pour se convaincre qu’ils sont encore de grandes puissances mondiales, alors que ce n’est plus vraiment le cas.  Encore le mois dernier, Jean-Michel Apathie a fait scandale en déclarant qu’il faudrait raser le château de Versailles pour que l’on n’aille plus là-bas en pèlerinage cultiver la grandeur de la France et que l’on devienne réaliste.

Pourtant, même si le propos est vraiment pertinent, je n’ai pas du tout accroché à « La Destruction du Parthénon ». Le livre ne m’a pas intéressée, la construction m’a déstabilisée, je suis passée complètement à côté de ce roman, que j’ai lu avec une relative indifférence. « Judas » d’Amos Oz, par exemple, suscitait également le questionnement mais m’a aussi procuré un plaisir de lecture que je n’ai pas du tout eu avec « La Destruction du Parthénon ».

C’est bien sûr mon ressenti personnel – Delphine par exemple a beaucoup apprécié ce roman – mais « La Destruction du Parthénon » de Christos Chryssopoulos est un livre qui, certes, a provoqué en moi du questionnement, mais ne m’a pas plu ou marquée au niveau littéraire. 

Publié en 2012 chez Actes Sud, traduit par Anne-Laure Brisac, 96 pages.

Troisième participation au Challenge de l’Année Grecque organisé par Cryssilda et Yueyin.

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10 thoughts on “La Destruction du Parthénon – Christos Chryssopoulos

  1. C’est vrai que sa construction est déstabilisante, je le reconnais. Elle bouscule le lecteur au même titre que la suggestion que ce livre renferme.
    D’un format bref, je l’ai trouvé assez percutant et franchement intéressant.

  2. Je trouve que partir de l’idée qu’il faut se libérer de son passé est très intéressant en soi. En revanche, tes réserves sont bien trop nombreuses pour que j’ose m’aventurer dans cette lecture.

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