La Marche du Cavalier – Geneviève Brisac

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Par le plus grand du hasard, j’ai lu cette semaine deux livres de Geneviève Brisac : « Vie de ma voisine » car je l’avais remarqué dans le cadre de la rentrée littéraire de Janvier et « La Marche du Cavalier » car il est à l’affiche de notre podcast littéraire « Bibliomaniacs » pour une spéciale « Femmes d’exception ». Malheureusement, si le premier fut un coup de cœur, le second m’a beaucoup moins convaincue.

Dans « La Marche du Cavalier », Geneviève Brisac  déplore que les femmes écrivains manquent de reconnaissance et qu’on leur associe plutôt  des genres mineurs, de la superficialité, des sujets anodins et quotidiens, de l’amateurisme. Elle s’interroge donc sur ce qu’est la littérature féminine. Y a-t-il une écriture, un style, spécifiques aux femmes? Une concordance dans les sujets que les femmes traitent en littérature? Pour cela, elle explore les écrits de plusieurs femmes écrivains : Karen Blixen, Virginia Woolf, Jean Rhys, Jane Austen, Christa Wolf, Ludmila Oulitskaïa…

Le thème est bien entendu très intéressant mais malheureusement, il n’est pas vraiment traité par Geneviève Brisac. J’ai été très surprise qu’une agrégée de lettres et normalienne livre un récit aussi décousu, manquant de structure, sans vrais arguments, qui m’a donné l’impression soit d’être très fatiguée soit d’avoir un peu trop bu : difficile de la suivre et de comprendre où elle veut en venir…

C’est dommage, du coup je n’ai pas accroché à « La marche du cavalier », dont je me souviens à peine, quelques jours après l’avoir lu. J’aurais préféré que Geneviève Brisac assume le choix d’un autre angle, celui de nous parler des femmes écrivains qui l’ont influencée en tant que femme et écrivain elle-même, puisqu’elle évoque, dans ce court récit, une dizaine d’auteures, assez peu connues du grand public à part Austen, Blixen ou Woolf, dont elle retrace une partie de la vie et de l’oeuvre. J’ai noté Ludmila Oulitskaïa dont j’avais lu il y a très longtemps « Sonietchka »et Rosetta Loy, et me suis promis de lire Alice Munro, que j’avais découverte à travers le film « Julieta  » d’Almodovar.

Je ne peux donc pas dire que je ne retiendrai rien de ce livre, puisqu’il m’a quand même donné envie de lire, mais « La Marche du Cavalier » ne me semble pas tenir ses promesses. C’est vraiment dommage, car « Vie de ma voisine » m’a prouvé que l’auteure peut transmettre des émotions et un message fort, ce qui n’est pas le cas ici. Pour ceux qui s’intéressent aux processus d’écriture et aux femmes écrivains, je conseillerais plutôt « Bad Girl » de Nancy Huston et « 7 femmes » de Lydie Salvayre, qui à mes yeux, répondront plus à leurs attentes. 

Publié en 2002 aux Editions de l’Olivier. En poche chez Points.

6 commentaires sur “La Marche du Cavalier – Geneviève Brisac

  1. ah ah ! j’adore le message de Marie-Claude et ta réponse ! oui top/flop – mais tu as su en tirer du bon, de nouvelles lectures
    un peu mon cas ce week-end ou en suivant un blog j’en ai trouvé d’autres (américains ou anglais.. ) et j’ai fini par noter plein de livres et en commander .. bref, si elle a réussi au moins ça .. mais oui ça doit faire bizarre une telle différence de niveau entre deux romans.

    En tout cas, tu es déjà une pro sur le sujet puisque tu cites deux autres auteurs en fin de ton billet !

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