La Disparition de Stephanie Mailer – Joël Dicker

Comme énormément de gens, j’ai lu et beaucoup aimé « La Vérité sur l’Affaire Harry Québert » de Joël Dicker, mais aussi le livre suivant de l’auteur, « Le Livre des Baltimore ». Quelle ne fut pas ma joie quand j’ai appris qu’un nouveau roman serait publié en 2018! De plus, j’étais à Genève – la ville de Joël Dicker- le jour où « La Disparition de Stéphanie Mailer » est sorti, quelques jours avant sa parution française, et c’était l’effervescence! Il y avait des piles de livres partout, des décorations spécifiques dans les vitrines des librairies, des articles de journaux, des événements annoncés…De quoi me donner vraiment envie de lire le livre au plus vite…

Et je soupçonne que « La Disparition de Stephanie Mailer » sera ma plus grosse déception de l’année!

Le 30 Juillet 1994, en plein festival de théâtre dans la petite ville d’Orphea, le maire et sa famille ont été assassiné, ainsi qu’une jeune joggeuse qui passait devant leur maison. 20 ans plus tard, l’inspecteur Jesse Rosenberg est sur le point de partir à la retraite lorsqu’une jeune journaliste, Stephanie Mailer, lui annonce qu’il n’a pas arrêté le bon coupable, avant de disparaître mystérieusement…

Alors, comme les deux autres romans, ce nouveau livre est un page-turner. J’ai eu beau trouver le style pauvre et les dialogues creux, j’ai enchaîné les 640 pages, et lu ce roman jusqu’à la fin. La mécanique est bien huilée et efficace puisqu’on saute de rebondissements en rebondissements, et qu’on a quand même envie de savoir ce qu’il va se passer ensuite, et comment cela va se finir. Mais une fois le roman refermé, c’est le coup de massue : tout ça pour ça? Les personnages sont vraiment très cliché – et beaucoup trop nombreux, on se noie dans les sous-intrigues – le récit est bourré d’incohérences et de situations complètement tirées par les cheveux…j’ai eu la sensation étrange d’avoir lu un livre où tout est programmé pour ferrer le lecteur mais avec une intrigue en roue libre, où l’on rajoute des personnages, des événements, en mode lego, en dépit du bon sens. Combien de fois me suis-je dit « Mais c’est n’importe quoi! » durant cette lecture?

Il y a notamment une histoire de pièce de théâtre mise en scène par l’ancien chef de la police et qui est supposée dévoiler le nom du coupable – complètement abracadabrante, ou encore un livret qui sert de base pour une communication entre criminels, sans parler d’une personne assassinée qui ne semble être recherchée par personne et dont le cadavre est dissimulé puis éliminé d’une façon fort peu crédible…bref, les exemples de situations irréalistes voire grotesques sont légion, j’ai parfois eu l’impression que c’était un enfant qui avait eu ces idées : « on dirait que… », et hop intégré dans le texte!

J’ai vraiment été surprise de voir l’auteur être invité sur le plateau de La Grande Librairie, recevant moultes remarques laudatives de François Busnel…n’y avait-il, cette semaine-là, aucun autre roman à faire connaître que ce best-seller annoncé, au style pauvre, à l’intrigue poussive et aux personnages caricaturaux?

Vous l’aurez compris, « La Disparition de Stephanie Mailer » de Joël Dicker n’est pas un roman que je vous recommande, même en pur divertissement.Il compte 640 pages, ne perdez pas ce précieux temps de lecture que vous pourrez consacrer à deux ou trois autres livres qui, eux, méritent tout à fait d’être lus (« Maria », d’Angélique Villeneuve, par exemple).

Publié en Mars 2018 aux éditions de Fallois, 640 pages.

21e lecture de la Rentrée Littéraire de Janvier 2018.

20 commentaires sur “La Disparition de Stephanie Mailer – Joël Dicker

  1. Le premier m’a ennuyée, donc adieu assez vite, alors je prends ton conseil : je ne le lirai pas, et figure toi que comme j’aime les vieilleries de la bibli, j’ai de quoi jusqu’au prochain millénaire. ^_^

  2. Ma pauvre ! un coup de massue ! J’ai lu un autre avis mitigé, un peu comme le tien, la personne l’a lu (bon page turner) mais au final le trouve faible, mal écrit et abracadabrant …
    Pour ma part, tu le sais, n’ayant pas du tout accroché au 1er (j’adore relire mon billet) où mes bémols ressemblent finalement au tien, je n’ai jamais retenté l’expérience et ton billet du jour prouve que j’ai eu raison ! Rare de t’entendre aussi tranchée sur un livre, et dans ce sens-là ! je crois que c’est Busnel qui a lancé sa carrière, non ? donc j’imagine que maintenant il suit son poussin….

    1. ah je ne savais pas que c’était Busnel qui l’avait lancé? si on ne voyait pas ce livre partout et si Busnel ne l’avait pas tant encensé dans son émission, j’aurais peut-être été moins énervée, mais franchement ça me gonfle de voir un roman avec autant de défauts qui prend autant de place dans les médias…

  3. Étant donné que tout ces mauvais points dont tu parles (pauvreté du style, personnages caricaturaux et intrigue grotesque), je les avais noté pour La vérité sur l’affaire Harry Quebert, je vais passer mon tour sans aucun regret.

    1. beaucoup de gens ont aimé ses précédents romans, on le voit partout, et il est encensé par des critiques littéraires prestigieux…il ne faut pas s’étonner que le livre se vende bien…mais oui ça fait grincer des dents…

  4. J’ai lu Harry Quebert cette année (avec beaucoup de mal) et j’avais décidé de ne pas lire les suivants. J’ai changé d’avis pour le deuxième à cause du thème, mais pour le troisième, c’est sûr que non. Ton billet ne fait que confirmer.

  5. Je n’en ai lu aucun, malgré les avis enthousiastes, les histoires ne m’ont jamais tentées, du coup si en plus c’est une déception pour plusieurs blogueuses et bien c’est certain ce n’est pas avec celui-là non plus que je lirai Joël Dicker!

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