De l’autre côté de la rivière – Morgan Talty

S’il y a bien une collection que j’apprécie particulièrement, c’est Terres d’Amérique chez Albin Michel. J’ai donc ouvert avec grand plaisir « De l’autre côté de la rivière » de Morgan Talty.

Charles, la cinquantaine, a une vie plutôt compliquée. Non autochtone, il a grandi sur une réserve auprès de sa mère, blanche, et de son beau-père amérindien, réserve qu’il a dû quitter une fois adulte. Désormais, une rivière sépare la réserve de sa maison : de chez lui, il voit le domicile de Mary, son amour de jeunesse. Une fille est née de cette relation, Elizabeth, mais Mary a fait croire qu’elle était d’un autre homme, un autochtone, pour pouvoir rester habiter sur la réserve.
Cela fait plus de vingt-cinq ans que Charles vit avec ce secret. Alors qu’il est toujours hanté par la mort de son beau-père, et qu’il voit sa mère perdre la boule, il veut désormais que sa fille biologique connaisse la vérité et pouvoir enfin la rencontrer …
Je suis dans une situation bizarre, où mes souvenirs de ce roman, lu il y a une dizaine de jours, sont meilleurs que mon plaisir de lecture. J’ai beaucoup aimé la thématique du livre, et me suis attachée à cet homme abîmé, qui tente de trouver un sens à sa vie alors qu’il a passé un quart de siècle dans le secret et la passivité.
Mais j’ai trouvé que le potentiel de cette histoire n’était pas totalement exploité : le style est un peu plat, cela manque de souffle, et surtout je pense que le roman souffre d’un problème d’équilibre, l’intrigue est très lente et met beaucoup de temps à décoller.
En fait, j’ai eu l’impression que l’auteur écrivait ce qui lui faisait plaisir, et pas forcément en fonction d’un éventuel lecteur qui pourrait se demander pourquoi on passe autant de temps avec l’ami de Charles rencontré aux Alcooliques Anonymes, ou pourquoi Elizabeth, dont il est question pendant tout le roman, est la grande absente de l’histoire.
Je me suis agacée plusieurs fois durant cette lecture, et pourtant je me remémore ce roman avec tendresse, ne semblant garder en mémoire que ses qualités et pas ses défauts … 
Publié en Avril 2026 chez Albin Michel (Terres d’Amérique), traduit par Stéphane Roques, 272 pages.

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