Dans « L’âme au diable », Yoram Leker nous raconte une histoire à la fois complètement folle et terrible, celle du « train Kastner», dont il est l’un des descendants.
Les Juifs hongrois ont été déportés « tardivement » par rapport à ceux des autres pays européens puisque les Nazis ont envahi la Hongrie en Mars 1944 seulement. Rezsö Kastner a voulu négocier avec Eichmann l’échange de Juifs contre de l’argent. Après moult péripéties, et un détour du convoi vers Bergen-Belsen, 1670 survivants sont transférés en Suisse, puis pour certains en Palestine, dont la mère de Yoram Leker, Csillu, qui était adolescente à l’époque.
L’auteur, qui a grandi en France, nous raconte l’histoire de sa famille, et notamment celle de sa mère, femme immigrée excentrique et au fort caractère. Si les aventures de sa famille maternelle sont contées avec humour, la tragédie n’est jamais loin, notamment avec le destin de la meilleure amie de sa mère, Mehdi.
Mais ce qui arrive à Rezsö Kastner est hallucinant. Vivant en Israël, il est accusé d’avoir « vendu son âme au Diable » en négociant avec les Nazis, d’avoir fait le choix de qui allait survivre (les passagers du convoi) et de qui allait mourir (les non choisis), et d’avoir témoigné en faveur d’un des Nazis impliqués dans la négociation lors d’un procès après-guerre. Kastner sera finalement assassiné quelques années plus tard.
Une histoire complètement folle qui cache certainement une affaire d’Etat…difficile à supporter pour les descendants de Kastner qui se battent pour sa réhabilitation mais aussi pour les descendants du train qui doivent vivre avec la culpabilité du survivant … édifiant !
Aviez-vous entendu parlé de cette histoire ?
Publié en 2021 chez Viviane Hamy, 290 pages.



