Des idées d’incendie – Angélique Villeneuve

Cinquième ouvrage d’Angélique Villeneuve que je lis, « Des idées d’incendie » débute en 1910 en pleine crue du siècle. Alors que l’asile où elles sont retenues est inondé, deux femmes profitent de la confusion pour s’évader…

Avec ce prologue et ce titre, je m’attendais à lire le récit d’une fuite en mode Thelma et Louise, avec deux femmes qui allument des incendies pour se venger de ceux qui les ont faites enfermer. Il n’en est rien.

Après ce début impressionnant, le livre va nous raconter l’histoire de Paulie, une femme d’un certain âge qui est l’une des deux aliénées. On se retrouve dans la France rurale du XIXe siècle. Paulie, alors jeune fille, n’est pas très bien considérée au village. Elle y est vue comme bizarre, presque demeurée. De plus, sa famille est pauvre, et vit dans une maison isolée. Paulie va succomber aux charmes d’Agathon, un marginal à la mauvaise réputation, qui va se révéler être méchant et violent. Celui-ci, sans l’épouser, ce qui donne une raison de plus de mépriser la jeune femme, va lui faire trois enfants avant de disparaître, laissant Paulie seule, aidée seulement par sa mère, une guérisseuse. Une vingtaine d’années plus tard, devenue grand-mère, Paulie se sent très proche de sa petite-fille Louise, au caractère similaire au sien…

J’ai retrouvé la très belle écriture d’Angélique Villeneuve, avec ce portrait de femme qui, malgré les épreuves, la précarité, le mépris, ne flanchera pas, prête à tout pour protéger les siens. Une femme proche de la nature, qui se construit et s’exprime en silence. Une femme victime de la violence des hommes, du mépris de classe, du système, mais qui brûle à l’intérieur.

Ce n’est donc pas le roman que je m’attendais à lire, et en toute honnêteté, le récit n’est pas extrêmement original avec cette femme, (grand)mère courage qui ne rentre pas dans le moule et qui est broyée par le qu’en dira-t-on et la société. Mais le talent, la poésie de l’autrice compensent largement le « déjà-vu » de l’intrigue et permettent à ce livre de tirer son épingle du jeu.

Publié en Août 2026 chez Phébus, 240 pages.

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