Remise du Prix ELLE 2014

Je vous avais déjà fait un petit bilan du Grand Prix ELLE, côté lecture… après l’effort, le réconfort ! Hier, le 5 juin,  c’était la remise du Prix ELLE, belle clôture de cette aventure.
Grâce au groupe FB, j’avais l’avantage de déjà connaitre (virtuellement ou pas) une vingtaine de jurées… Nous avions rendez-vous à 14h à Ladurée Champs-Elysées pour un déjeuner ou un dessert avant de se rendre ensemble à la cérémonie. Il y avait bien sûr mes chères bibliomaniaques : Laure, Marjorie et Coralie, et mes autres copines blogueuses : Fleur, Mior, Pascale, Marie, Ankya… et la rencontre d’une charmante personne que j’avais déjà l’impression de connaitre, grâce à tous nos échanges et à ses nombreux billets et photos sur son blog : Enna. Mais aussi les non-blogueuses : Mathilde, Martine, Natalie, Eugénie, Muriel, Cécile, Blandine, Anne-Hélène, Charlotte, Dominique…que j’ai été ravie de revoir ou de rencontrer. Dommage que Valérie et Galéa aient été dans l’incapacité de nous rejoindre…
Après avoir dégusté une assiette de mini-burgers et un délicieux mille-feuille au vieux rhum (le pâtissier n’avait pas été avare d’alcool !), nous avons remonté les Champs –interdits aux voitures pour cause de venue de la Reine d’Angleterre et décorés de drapeaux français et anglais- pour nous rendre au salon France Amériques, rue Roosevelt, endroit habituel de la remise du Prix, et bâtiment vraiment magnifique.
Trois tables rondes étaient organisées :
-une avec Emmanuèle Bernheim, gagnante pour la catégorie document, avec son très beau livre « Tout s’est bien passé »
-une avec Ian Manook, gagnant pour la catégorie policier, avec Yeruldelgger
-une avec l’éditrice Dominique Bourgois, la traductrice et l’agente anglaise de Laura Kasischke, gagnante pour la catégorie roman avec « Esprit d’Hiver »
                              
Très belle rencontre avec Emmanuèle Bernheim, charmante avec ses grands yeux très bleus, souriante, sympathique, disponible et avenante. Elle correspondait tout à fait à l’image que je me faisais d’elle après avoir lu son livre. Elle est revenue notamment sur le fait que comme l’euthanasie de son père ne s’était pas passée de la manière escomptée, elle n’avait pas vraiment pu lui dire adieu, et s’était sentie dépossédée de son deuil. L’écriture de ce livre lui avait permis de reprendre possession de ces moments, et de faire enfin le deuil de son père, qui avait voulu choisir une mort active, et non passive. Elle a reçu beaucoup de lettres lui demandant l’adresse exacte de la clinique où son père a réalisé son euthanasie, question à laquelle elle ne peut pas répondre, sous peine d’incitation au suicide.
                                                    
L’éditrice de Laura Kasischke a dû être étonnée des commentaires négatifs qu’elle a reçus lors de la rencontre, le livre ayant été assez  controversé…notamment une jurée qui lui a dit que le livre avait gagné parce que la sélection de cette année était décevante (remarque que j’ai trouvée injustifiée et déplacée…) c’est une fan fervente de la romancière, et elle a été surprise que plusieurs jurées lui disent qu’elles avaient deviné très rapidement la chute de l’histoire- quant à moi je regrettais la toute dernière page du livre, qui à mes yeux alourdissait inutilement le style, mais certaines de mes camarades ont eu besoin de cette clarification pour comprendre le fin mot de l’histoire.
L’éditrice travaille depuis de nombreuses années avec Laura Kasischke, et s’est battue pour obtenir le manuscrit très rapidement, alors qu’il était encore en cours d’écriture. La traductrice a donc vu le texte être modifié plusieurs fois, et rendu moins foisonnant. « Esprit d’Hiver » est d’ailleurs paru en France plusieurs mois avant sa sortie aux USA. C’est d’ailleurs en France que Kasischke vend le plus.
L’éditrice nous a dit qu’elle pensait que ce roman était le plus personnel de la romancière, et que celle-ci avait mis beaucoup d’elle-même dans ce récit. Elle a remarqué qu’entre l’euthanasie et l’adoption, les lectrices avaient choisi des livres parlant de sujets très actuels, ce à quoi Enna a ajouté que les opérations préventives pour éviter le cancer étaient également un thème brûlant.
La rencontre avec Ian Manook m’a rendue perplexe. C’est un publicitaire, qui a écrit son roman policier à la suite d’un pari. Il avait déjà plus ou moins créé le personnage de l’inspecteur, mais sans décider dans quel pays il exercerait. Il dit avoir cherché un contexte « pertinent et inattendu » (merci Ankya pour la rectification!), et a donc choisi de situer l’action en Mongolie… j’ai eu l’impression un peu désagréable qu’il nous vendait un produit marketing, ciblé pour plaire au plus grand nombre.
                                                     
Il s’est vexé d’avoir été jugé comme « auteur wikipédia » concernant la Mongolie, car il y a beaucoup voyagé- il a d’ailleurs longuement parlé de la Mongolie, ce qui était très intéressant, mais cela m’a également semblé être une façon de garder la main sur les échanges et quelque part de jouer la montre pour ne pas recevoir plus de critiques ou de questions dérangeantes…En effet, il lui a été reproché l’usage trop récurrent de la violence dans son récit, et notamment de la violence envers les femmes. Pour lui, il ne voulait pas être « criminellement correct » et a donc écrit un récit volontairement très violent, tout en reconnaissant qu’il a pu aller un peu trop loin. Par contre il se défend d’une complaisance pour la violence faite aux femmes, en disant que la violence est universelle dans son roman, autant pour les hommes que pour les femmes. Il lui a été également reproché d’avoir créé des personnages féminins qui ne sont pas forts…mais d’après sa réponse, pour lui la force d’une femme semble être son aptitude au réconfort du personnage principal… pas de référence au statut de la femme en Mongolie, ou aux violences dont elle peut être couramment victime pour peut-être justifier de ce parti pris dans son roman. Je n’ai pas été très convaincue par son discours, que j’ai trouvé trop formaté, trop orienté marketing… alors que j’ai globalement apprécié le roman, même si j’ai préféré les Impliqués, qui est arrivé deuxième. Ian Manook a d’ailleurs annoncé qu’il y aurait une suite à Yeruldelgger.
Après la traditionnelle photo de groupe sur le grand escalier, je suis allée faire dédicacer mes livres par les deux auteurs présents. Emmanuèle Bernheim m’a écrit une dédicace adorable.
Celle de Ian Manook n’est pas facile à déchiffrer…et il a écrit exactement la même à ma copine Natalie… !
Puis remise des prix, avec Valérie Toranian et Olivia de Lamberterie, une très belle femme, qui fait quasiment vingt ans de moins que son âge…les gagnants recevaient des prix en forme de livre-lampe, très beaux.
                      
Emmanuèle Bernheim a fait monter sur scène sa sœur Pascale, si présente dans son récit.
Les gagnants du prix ELLE des lycéennes ont également été annoncés, j’étais ravie d’apprendre qu’il s’agissait ex-aequo de Philippe Jaenada pour Sulak, et Ruth Ozeki pour « En même temps, tout le ciel et toute la terre », puisqu’ils faisaient partie de mon trio préféré avec « Esprit d’Hiver ».Philippe Jaenada n’était pas présent car il était chez Ruquier, mais son éditrice a lu son discours, très drôle, et très conforme à l’image que j’avais de l’auteur suite à notre rencontre au Salon du Livre, où il m’avait d’ailleurs écrit une dédicace très sympathique.
                                                    
Enfin, ce fut le cocktail : heureusement qu’il faisait très beau car je ne sais pas comment nous aurions tous pu tenir à l’intérieur du bâtiment.
Apercevant Amélie Nothomb, très élégante avec un chapeau à plumes, je lui ai demandé une petite photo, ce qu’elle a gentiment accepté.
J’étais un peu encombrée de sacs, puisqu’en plus de mon sac à main et mon sac de livres j’avais également le sac ELLE que toutes les jurées ont reçu, avec à l’intérieur un carnet et un petit bijou Morganne Bello.
Il y avait de nombreuses personnalités du monde littéraire :éditeurs, écrivains, journalistes. J’ai notamment aperçu Colombe Schneck, Alix Giraud de l’Ain, Lola Lafon en blouson vert fluo,
Karine Tuil (dont j’ai détesté le dernier livre « L’Invention de Nos Vies »), Simonetta Greggio (qui apparait à l’arrière-plan de la photo d’Amélie Nothomb), Claude Lanzmann, Anne Berest, et un des frères Assayas (a priori Olivier).
Ce fut l’occasion de bien papoter avec mes copines jurées, dont la rencontre restera le plus beau souvenir de cette aventure, et une très agréable façon de clôturer cette année ELLE extrêmement bien remplie!

24 commentaires sur “Remise du Prix ELLE 2014

  1. Super résumé, pour une bien belle soirée (je ne parlerai pas du palmarès qui me laisse une impression mitigée). C'était génial de pouvoir le partager toutes ensemble, cela aurait été bien différent si on avait connu personne. Grosses bises !

  2. Très bon résumé !!
    J'ai trouvé aussi assez déplacé la remarque concernant la sélection devant l'éditrice.
    Pour le concept de Manook, c'est "pertinent et inattendu" 😉

    Ca a été un grand plaisir de rencontrer les copines du prix. Alors… dans 3 ans ou pas dans 3 ans ?

  3. Merci pour le clin d'oeil : tu le sais, j'ai pensé la même chose, drôle d'impression de te retrouver plus que te rencontrer 😉 Et je suis contente que tu aies perçu la rencontre avec Manook exactement comme moi alors que tu as aimé le livre car je n'ai pas du tout convaincue moi non plus (alors que je n'ai pas aimé 😉
    Et comme toi mon meilleur souvenir sera la rencontre entre lectrices 😉 à bientôt j'espère!

    1. sacré Manook! il en aura fait couler de l'encre…en tout cas, c'était vraiment super de te retrouver ma chère Enna, en espérant que nous aurons d'autres occasions prochaines de nous revoir!

  4. Merci pour ce compte rendu détaillé j'aurai bien aimé être parmi vous. L'éditrice de Laura K a du s'etrangler el lisant ma critique et ma note j'ai trouvé ce roman vraiment mauvais et j'ai deviné très vite le fin mot de l'histoire sans doute parce que je lis beaucoup de romans policiers. J'ai adoré Yeruldelgger et je suis très contente qu'il ait eu le prix.Quant au Bernheim il ne m'a pas ddéplu mais pas enthousiasmee non plus

    1. elle était hyper surprise quand plusieurs blogueuses lui ont dit qu'elles avaient deviné rapidement…elle ouvrait des yeux tout ronds! mais elle est hyper enthousiaste envers laura Kasischke, et elle défend son oeuvre becs et ongles

  5. Super Eva et comme vous j'ai senti que Ian Manook ne voulait pas se laisser entraîner dans cette rencontre il voulait "garder la main" dialogue difficile c'était un monologue Déçue je suis! Zut je n'ai pas vu Simonetta Greggio .Par contre avec mes copines de 2011 nous avons retrouvé Anne Marie Revol prix du doc 2011 toujours aussi adorable. Et bien sûr ravie de vous avoir rencontré ou rerencontré.

    1. c'était très sympa de te revoir après le Salon du Livre…je savais que l'une d'entre nous était fan de Simonetta, mais je ne savais plus qui. Elle n'est pas restée longtemps, je l'ai vue se frayer un chemin dans la foule du cocktail pour partir, c'était drôle de la voir dans l'arrière plan de la photo d'Amélie Nothomb, je ne l'avais pas repérée à ce moment là

    1. c'est dommage, il devrait lâcher du lest, ça le rendrait plus naturel et sympathique… à côté d'Emmanuèle Bernheim, la différence était flagrante

  6. Voilà une belle journée de fin ! J'ai souri en lisant ton billet car j'ai classé le seul livre d'E. Bernheim de ma bibliothèque dans la catégorie des pires navets de ma vie de lectrice… Mais tout cela n'a rien à voir avec ton compte-rendu très agréable à lire. Bon we 😉

    1. Merci Galéa! Emmanuèle Bernheim a pris Marjorie pour une grosse malpolie, car elle était toujours sur son téléphone 😉 heureusement qu'elle lui a expliqué ce qu'elle faisait à la fin de la rencontre 🙂

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