Et ce champ devint le monde entier – Dola de Jong

Ayant aimé « Les désirs flous » de Dola de Jong, j’ai enchaîné avec l’autre roman de cette autrice néerlandaise récemment traduit en français aux éditions du Typhon, « Et ce champ devint le monde entier ». 

L’histoire se déroule durant la Seconde Guerre mondiale, près de Tanger. Lies et Aart sont un couple de réfugiés hollandais qui essayent de cultiver un champ aride. Ils sont accompagnés de leur bébé, Dolfe, mais aussi de plusieurs enfants et adolescents qu’ils ont récupérés sur le trajet entre la Hollande et Tanger : deux sœurs polonaises, Louba et Maria ; des adolescents allemands, Rainer et Hans, une petite fille belge, Berthe ; un enfant français, Pierre.

Disons-le franchement : je n’ai pas du tout accroché à ce roman. Je pense que je suis passée à côté de ce que proposait l’autrice. Le contexte du livre est pourtant extrêmement intéressant : Tanger durant la Seconde Guerre mondiale est un endroit très romanesque, qui était propice à développer une intrigue solide. Ce groupe d’enfants réfugiés pouvait également donner lieu à de nombreuses histoires touchantes ou haletantes. Malheureusement, j’ai trouvé ce roman flou et décousu.

Lies et Aart peinent à exister, ils manquent d’incarnation – à un moment donné de l’histoire se déroule un drame, mais cela ne m’a pas émue, car j’avais l’impression que l’on me parlait d’inconnus. Le choix d’impliquer autant d’enfants dans ce livre n’était peut-être pas des plus judicieux, car pourquoi en mettre six si c’est pour n’en suivre finalement que quatre ? Les pauvres Berthe et Rainer sont quasiment absents du récit. Quant aux autres, on a plus de détails sur eux mais tout est un peu flou et mystérieux, que ce soit sur leur passé ou sur la période actuelle à Tanger – à chaque fois, j’ai eu l’impression que j’avais raté un épisode : il y a quelques vignettes bien développées, et pour le coup, vraiment bien écrites (Maria chez le consul, Louba chez Manus le Hollandais, Hans au bar…) mais ce qu’il se passe avant ou après est toujours un peu confus…

Nébuleux est vraiment l’adjectif que j’accolerais à ce roman. Il y a plein de bonnes idées, mais leur somme a du mal à fonctionner, en tout cas à mes yeux… Pourtant, ce livre semble avoir plu : pour moi, c’est un rendez-vous manqué.

Publié en 2024 aux éditions du Typhon, traduit par Mireille Cohendy, 312 pages.

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